Les procès de sorcellerie dans l’Évêché de Bâle au XVIIe siècle font l’objet d’un livre qui vient de paraître. L’ouvrage a été écrit par Gilliane Barthe, une Jurassienne d’origine qui avait obtenu, en 2022, le Prix Kunz décerné par la Société d’histoire et d’archéologie du canton de Neuchâtel. Le livre est issu de son travail de master et s’intitule : « Le corps jugé ». L’ouvrage est paru aux éditions Alphil. Il se penche sur la manière dont le corps des victimes des procès de sorcellerie, en l’occurrence très souvent des femmes, était perçu. Le corps de la sorcière était ainsi, à la fois, considéré comme le récepteur et le transmetteur du diable. Il s’assimilait également à un moyen d’obtenir des aveux extorqués sous la torture ou la menace de la torture. Gilliane Barthe a illustré son propos par des extraits des procédures judiciaires ouvertes contre plusieurs victimes d’accusations de sorcellerie. La Jurassienne d’origine souligne que les prétendues sorcières, dans leurs aveux, affirmaient qu’elles transmettaient le mal par un contact physique ou par le biais d’une poudre ou d’une graisse. « Le corps devient ainsi l’intermédiaire entre le diable et les êtres vivants », indique Gilliane Barthe. Le lien avec le corps s’incarnait également par une « marque du diable », soit un endroit insensible à la douleur, qui était recherché par les enquêteurs de l’époque. Il s’effectuait aussi par le biais de la torture physique utilisée pour arracher des aveux. « Le corps devient ainsi l’outil pour briser la résistance d’une personne », relève Gilliane Barthe.
Gilliane Barthe : « À la lecture des procès de sorcellerie, je me suis rendu compte que le corps paraissait comme un fil rouge. »
Le livre de Gilliane Barthe, « Le corps jugé », a été publié par les éditions Alphil et est disponible en librairies. L’ouvrage fera également l’objet d’une table ronde qui aura lieu le 23 août à partir de 16h à la Couronne Grand Chasseral à Sonceboz. L’événement est organisé par le Musée de St-Imier en collaboration avec le Cercle d’études historiques de la Société jurassienne d’émulation. /fco









