Un postulat soumis lundi au Conseil de ville réclamait des démarches en vue d’une restitution de la Bible de Moutier-Grandval. Irréaliste, même si le seul essai aurait eu une portée symbolique.
« Le retour de notre Trésor pourrait contribuer au développement touristique et culturel de notre région. Même si notre requête échouait, le possible attrait médiatique pour cet objet pourrait mettre la ville en valeur. » Benoit Marchand pensait avoir trouvé le moyen de faire parler de Moutier autrement que pour la Question jurassienne. Si son postulat a parfois été considéré comme une plaisanterie, l’actuel président du Conseil de ville l’a défendu jusqu’au bout lundi soir devant ses collègues réunis en séance. Oui, la Bible de Moutier-Grandval a sa place ici, dans le Jura, ou du moins en Suisse. Et non, sa restitution n’a rien d’un fantasme.
La symbolique est forte, et il n’est pas à douter que de nombreux Prévôtois aient caressé un jour le doux rêve de voir le précieux document revenir définitivement dans la région. Un sentiment possiblement exacerbé par le retour exceptionnel de la Bible à Delémont cette année. A ces émotions s’oppose toutefois aujourd’hui la froide analyse du Musée jurassien d'art et d'histoire, lequel, interpellé par la Municipalité de Moutier sur cette épineuse question, a douché l’optimisme de Benoit Marchand. Une expertise approuvée d’ailleurs lundi soir par une évidente majorité du Conseil de ville. Problème principal : la Bible de Moutier-Grandval est arrivée à Londres suite à un processus commercial tout à fait traçable. Pas de spoliation ni d’acquisition illégitime qui puisse justifier une fastidieuse demande de restitution, a-t-on répondu au postulant. « Nous aurions pu tenter, à tout le moins, d'écrire une lettre au Roi d’Angleterre. La seule démarche aurait été un coup de pub », réagit l’élu, déçu.
Benoit Marchand : « Ma demande n’exigeait que peu de moyens »
Bien conscient qu’un inestimable ouvrage tel que la bible n’aurait jamais trouvé sa place à Moutier, il aurait suggéré de le confier à une institution helvétique, la Bibliothèque de St-Gall par exemple. « Le simple fait d’être reconnus comme étant les propriétaires légitimes du document aurait aussi suffi à mon bonheur », glisse-t-il.
Selon Marcel Winistoerfer, le combat aurait été beaucoup trop compliqué dans le contexte du droit international. Le maire applaudit toutefois une démarche tout à fait légitime. « Peut-être qu’un jour une telle restitution sera possible », sourit-il. « Dans l’attente, la bible reste consultable, en ligne ou sur place à Londres. Les gens de Moutier qui s’y rendent sont d’ailleurs toujours admirablement reçus ».
La cour du Collège va resplendir
A défaut de chercher à rapatrier la bible, les élus prévôtois ont décidé lundi soir d’investir pour leur centre-ville. Plus précisément pour la cour du Collège de la Poste, délabrée depuis des années. Un crédit de 833’000 fr. a été accepté pour le réaménagement de la partie sud. Le montant – qui devrait être atténué par des subventions – permettra l’installation d’un terrain multisport, d’un couvert et d’éléments de mobilier urbain. Une promenade le long de la Birse est également prévue, tandis que le site sera largement dédié à la biodiversité. « C’est un beau projet, un projet qui était attendu », concède le conseiller municipal Pierre Coullery.
Pierre Coullery : « La cour va profiter à toute la population »
Les appels d’offres seront lancés rapidement. Les premiers travaux dans la cour du Collège pourraient intervenir au printemps prochain déjà. A noter que le réaménagement du site a été pensé pour ne pas perturber l’installation des manèges pendant la Braderie prévôtoise. /oza










