Les œufs décorés de Pâques, un symbole de renouveau

Cette tradition a rapidement été adoptée par les chrétiens pour symboliser la résurrection ...
Les œufs décorés de Pâques, un symbole de renouveau

Cette tradition a rapidement été adoptée par les chrétiens pour symboliser la résurrection du Christ, mais avant eux, les Égyptiens, les Perses et les Romains décoraient des œufs pour célébrer le printemps.

Les Égyptiens et les Perses décoraient des oeufs pour célébrer le printemps. Cette tradition a ensuite été reprise par les chrétiens. (Photo libre de droits : Pixabay) Les Égyptiens et les Perses décoraient des oeufs pour célébrer le printemps. Cette tradition a ensuite été reprise par les chrétiens. (Photo libre de droits : Pixabay)

Qu’ils soient teints à l’aide d’oignons rouges ou de curcuma, les œufs décorés occupent une place importante dans le repas du dimanche de Pâques, dans la religion chrétienne. L’œuf a rapidement été utilisé par les chrétiens comme symbole de la résurrection du Christ, chez les Coptes tout d’abord. On retrouve toutefois des traces de cette coutume bien plus loin dans le passé. « On peut aller jusqu’aux Égyptiens et aux Perses qui décoraient les œufs, plutôt dans des teintes du rouge. C’est lié aussi au culte du renouveau », explique Pierre Alain Mariaux, professeur d’histoire de l’art médiéval à l’Université de Neuchâtel. L’œuf « s’accorde avec les fêtes qui sont prévues autour de l’équinoxe de printemps, comme l’est la fête de Pâques », ajoute-t-il.

Pierre Alain Mariaux : « L’œuf est vraiment, dans plusieurs civilisations, dans plusieurs cultures, un symbole de renouveau. »

Selon Pierre Alain Mariaux, il y a peut-être une autre raison qui explique que ce sont des œufs que l’on casse et que l’on partage lors du repas de Pâques. Il émet l’hypothèse que cet aliment s’accumule durant la période de carême, célébré depuis le 4e siècle, et qui interdit de consommer certains mets. « On mange moins d’œufs, voire pas d’œufs du tout. Le problème, c’est que les poules continuent de pondre des œufs pendant ce temps-là. Et donc, on se retrouve avec une grande quantité d’œufs », dit-il. Le professeur d’histoire de l’art médiéval émet ainsi l’hypothèse que les chrétiens ont commencé à cuire des œufs et à les teindre de façon variée pour marquer les différentes dates de ponte, pour éviter le gaspillage.

« À Pâques, il y a tous ces œufs qu’il faut quand même manger. »

Les dérivés en chocolat sont quant à eux apparus au XVIIIe siècle. Dans un premier temps, les œufs frais sont vidés pour être remplis de chocolat, rappelle Pierre Alain Mariaux, avant que les œufs ne soient entièrement fabriqués en chocolat dès le XIXe siècle. Pour savoir pourquoi on mange aussi des lapins en chocolat à Pâques, il faut se tourner vers le nord. « En Allemagne, ce sont les lapins qui cachent les œufs de Pâques, tandis que dans notre tradition plutôt francophone, ce sont les cloches qui reviennent de Rome et qui amènent des œufs de Pâques », explique le professeur.

« Même si on a l’impression qu’on est très tourné vers le monde francophone, on est quand même, ici en Suisse romande et à Neuchâtel, très influencé par cette culture germanique. »

Pour Pierre Alain Mariaux, il ne faut toutefois pas voir une continuité, « qui n’a peut-être jamais existé » au fil du temps pour cette tradition de décorer des œufs. « Ponctuellement, on a des indications, mais en faire une histoire longue est difficile », conclut-il. /sbm


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