Patience avant le verdict

Château de Porrentruy

Le public et la dizaine de médias sont sortis de la salle sans connaître le verdict. Le procès pour fraude électorale lors de premier et deuxième tour de la mairie de Porrentruy s’est tenu vendredi. Deux individus comparaissaient devant le Tribunal de première instance à Porrentruy. Ils sont accusés de fraude électorale et de captation de suffrages en automne 2012. Le jugement sera rendu mercredi. La procureure a requis une peine pécuniaire de 80 jours amende avec sursis et de 60 jours amende ferme. Les deux avocats ont réclamé l’acquittement de leur client.

 

Une matinée consacrée aux auditions

« J’étais dans le noir total », ce sont les mots du premier prévenu. Il a affirmé qu’au moment du premier et deuxième tour, il était sous antidépresseurs et ne se souvient de rien. Il n’a pas pu expliquer les raisons qui l’ont poussé à écrire une lettre qui relate les captations de suffrages. Il ignore aussi comment et pourquoi il s’est rendu chez un journaliste, Arnaud Bédat, qui a alors enregistré ses propos. L’individu a pris conscience de ses faits en juin 2013. Depuis, il a contesté les accusations de fraude électorale. Mais le discours de l’homme semblait confus. Il a affirmé que, lors de la campagne, des partisans de Thomas Schaffter lui promettaient du travail. Le juge lui a fait remarquer la différence entre une promesse et un vœu. L’accusé a gardé beaucoup d’amertume envers les deux candidats à la mairie.

Un témoin de la défense a aussi été entendu. Il s’agit d’un membre du comité dit de vraie démocratie qui tente de prouver que le vote par correspondance n’est pas fiable. Le premier prévenu a alors nargué le public. Mais l’audition du témoin devait montrer, selon l’avocat, à quel point son client était influençable.

Enfin, le second prévenu a été auditionné. Il a affirmé ne pas avoir triché. Même si dans ses précédentes dépositions, il a déclaré « grâce à nous, ça fera bouger ». Il a ajouté pendant le procès qu’il a été accusé à tort. Selon lui, tout le monde fait la même chose : recueillir des enveloppes. Le magistrat lui a demandé des noms, mais il a préféré se taire.

 

L’après-midi entre réquisitoire et plaidoiries

Les deux prévenus auraient mis à mal la démocratie. C’est en tout cas l’avis de la procureure. Elle s’est appuyée sur les enregistrements sonores de ces deux individus réalisés par Arnaud Bédat. Frédérique Comte a également étayé son point de vue par un document écrit par le premier accusé. Il y explique avoir récupéré environ 150 enveloppes. Il aurait agi par vengeance envers le candidat Pierre-Arnauld Fueg, son ancien chef de service.

L’avocat de la défense, Maître Ponsart, a tenté de prouver que son client n’était pas crédible. De ce fait, les propos tenus lors de l’enregistrement ne peuvent être valables. Son client est une personne influençable, qui aime attirer l’attention.

Quant au second prévenu, la procureure estime qu’il a agi par intérêt. Il imaginait que le parti de l’autre candidat, Thomas Schaffter, allait lui confier une partie de l’organisation du banquet de l’élection. Il se serait procuré également environ 150 bulletins. La procureure Frédérique Comte rejette toute idée de machination.

Mais c’est sur ce point que s’est basé l’autre avocat de la défense, Maitre Moniot. Selon lui, son client est tombé dans le piège tendu notamment par Arnaud Bédat, qui l’aurait instrumentalisé pour jeter le doute sur l’élection de Thomas Schaffter. Le prévenu n’aurait pas commis d’infractions. Quelques amis lui auraient confié leurs enveloppes.

Les deux défendeurs ont aussi tenu à indiquer que pendant ces deux années de procédure, personne n’avait confessé avoir transmis son enveloppe de vote ou encore avoir aperçu l’un des accusés avec plusieurs bulletins. /nqu


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