Montrer que « même handicapés, on peut faire de belles choses »

Des résidents de l’association Pinos à Courtemaîche présenteront en mars au Théâtre du Jura ...
Montrer que « même handicapés, on peut faire de belles choses »

Des résidents de l’association Pinos à Courtemaîche présenteront en mars au Théâtre du Jura une pièce qu’ils ont entièrement écrite. Une thérapie et une revanche sur la vie.

Treize résidents de l’association Pinos à Courtemaîche joueront une pièce sur l’école au Théâtre du Jura le 21 mars prochain. Treize résidents de l’association Pinos à Courtemaîche joueront une pièce sur l’école au Théâtre du Jura le 21 mars prochain.

Ils sont ceux que l’on n’attendait peut-être pas à l’affiche du Théâtre du Jura, mais bien déterminés à montrer qu’ils ont aussi leur place sur scène. Treize résidents de l’association Pinos à Courtemaîche présenteront le 21 mars à Delémont une pièce de théâtre qu’ils préparent depuis un an et demi. « Ça se passe dans une salle de classe, et ce sera sur les bêtises à l’école, comme se lancer des boules de papier en classe, embêter le prof avec plein de sortes de choses », explique Charlotte, 25 ans, résidente depuis quatre ans.

Reportage lors d’une répétition générale :

Ils sont à la fois acteurs, scénaristes, metteurs en scène, et ont entièrement produit la pièce, de l’écriture jusqu’à la réalisation des décors. « Ils ont tout fait, c’est leur bébé. Moi je ne suis que la gendarmette qui dit « ça, on ne peut pas dire » et qui donne les explications. Mais ils ont travaillé les textes, fait des recherches, ont écrit et se sont concertés entre eux », confie Laurence Roueche, animatrice de cet atelier d’expression qui mènera les résidents jusqu’aux planches du Théâtre du Jura. « J’ai fait du théâtre quand j’étais gamine, mais là c’est autre chose, on va aller au Théâtre du Jura quand même, ce n’est pas rien ! Mais ça fait peur, on a le trac quand même parce qu’il y aura plein de gens devant nous », glisse fièrement Isabelle, 50 ans, qui joue l’intellectuelle d’une classe passablement dissipée.


« Je suis capable de tout faire comme tout le monde, c’est une thérapie »

Pour sa copine Charlotte, ce sera aussi une occasion en or de faire passer un message au public. « Le handicap, c’est pas trop ça… il y a des gens qui nous regardent de travers. Je suis née avec une fente labio-maxillo-palatine, je me suis beaucoup faite agressée à l’école, et là j’ai envie de montrer aux gens que même si on est handicapés, on peut faire de belles choses », souffle Charlotte pour qui monter sur la scène du grand Théâtre du Jura sonnera comme une revanche sur la vie. L’initiative vise à faire évoluer les regards sur le handicap. Mais Laurence Roueche retient surtout les effets bénéfiques sur les résidents eux-mêmes. « Ils sont créatifs et comprennent qu’ils sont capables de faire beaucoup de choses. Je suis comme tout le monde, je suis capable de tout faire, et c’est une thérapie. Malgré leurs troubles, même lorsqu’ils ne vont pas bien en foyer, quand ils arrivent au théâtre ils sont concentrés sur leur pièce, ils sont en équipe, et ça leur fait du bien », relève la monitrice qui dit avec le sourire « stresser plus qu’eux » en vue du grand jour. Il reste encore du travail, sans doute des imprévus et aléas à gérer, mais Isabelle promet que « vous allez pleurer de rire ». Pour paraphraser une citation devenue culte d’ex-conseiller fédéral, ça aussi, c’est une thérapie ! /jpi


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