Les taches de rouille apparues sur les façades du Théâtre du Jura sont dues à un phénomène naturel. Elles proviennent des minerais de fer présents dans le sable, le gravier et les différents agrégats qui composent le crépi minéral qui recouvre l’institution delémontaine. Ceux-ci s’oxydent au fil du temps avec la pluie et l’humidité. Le risque était connu et assumé par les architectes et la direction des travaux. Ce phénomène devrait se stabiliser et n’altère en rien la qualité du bâtiment. « C’est un problème visuel d’esthétique qui peut parfois surprendre. Mais au niveau de la qualité du crépi, il n’y a aucune conséquence. Il assume parfaitement son rôle de protection du bâtiment, aussi bien de l’isolation périphérique ou des éléments constructifs tels que le bêton. C’est un phénomène naturel connu », explique Vital Schaffter, membre du conseil de fondation en charge du bâtiment.
Vital Schaffter : « Le risque de rouille était connu et accepté. »
Aucuns travaux ne seront menés pour remédier à la rouille présente sur le bâtiment inauguré il y a moins de trois ans. « Les travaux de réfection pour supprimer cet effet seraient disproportionnés par rapport aux conséquences. Il faudrait isoler et repeindre complètement les façades. Le bâtiment perdrait aussi de son cachet. Là, on accepte aussi que l’on est face à un produit naturel, qui est une patine qui se fait avec le temps, tel le bois qui change de couleur. Le bâtiment est toujours sous garantie, mais la réserve qui avait été faite dans le cadre de la réception d’ouvrage a été levée après les explications du fournisseur et de l’entreprise qui a réalisé les travaux », poursuit l’architecte retraité. L’alternative au crépi naturel retenu lors de la construction aurait été de choisir du crépi synthétique. « Cela ne se fait pratiquement plus maintenant, car on a rencontré énormément de problèmes. Les produits synthétiques ne laissent pas respirer la construction et s’il y a la moindre source d’humidité derrière le crépissage on a du décollement et des cloques qui se forment, alors que le crépi minéral respire. C’est un choix de prendre ce risque esthétique pour le bien de la qualité de l’ouvrage », conclut Vital Schaffter. /emu









