L’intégration des migrants dans l’agriculture jurassienne a été une réussite. Le projet pilote, qui a eu lieu entre les mois de juin et octobre, a permis à 80 réfugiés de s’atteler à des tâches dans une bonne quinzaine d’exploitations agricoles – surtout bio - du canton. Le bilan a été dressé mardi. Le concept a été mis sur pied par la Chambre jurassienne d’agriculture et l’Association jurassienne d’accueil des migrants, l’AJAM. Ces deux entités ont été soutenues par les services de l’économie rurale ainsi que de l’économie et de l’emploi.
« On visait deux objectifs. D’une part, il s’agissait de proposer une occupation et une intégration dans la vie active et au niveau social. D’autre part, nous voulions proposer un appui aux agriculteurs concernant des tâches qui visaient surtout à lutter contre les plantes indésirables et ainsi à préserver l’environnement. Ces deux buts ont clairement été atteints », a analysé le directeur de la Chambre jurassienne d’agriculture, Michel Darbellay.
Le problème de la langue
Le courant est passé entre les paysans de la région et les requérants d’asile, issus en majorité d’Erythrée et d’Afghanistan, durant ces quatre mois. Le seul véritable frein aura été la langue. « C’était toujours une barrière. On croyait qu’on avait compris et, au bout d’un quart d’heure, on se rendait compte que ce n’était pas tout à fait ça et on recommençait », a affirmé Michel Roy, agriculteur à Porrentruy, qui a pris part à l’opération.
Un jeune Erythréen de 22 ans a notamment découvert la vie agricole dans la région. « J’ai aimé travailler avec les paysans, parce que ça m’a aidé pour l’apprentissage du français. J’ai appris à connaître le nom de deux céréales, notamment le maïs. Je suis ainsi très content », a expliqué Michel Weldmhret.
Une volonté de renouveler l’expérience
Les différents acteurs espèrent reconduire la démarche à partir du printemps 2017. Pour ce faire, il faudra dénicher un nouveau civiliste. /bbo









