« Notre projet a des lacunes, mais de là à l’écarter… »

Daniel Rieder peine à comprendre le choix de la Confédération d’écarter le projet d’agglomération ...
« Notre projet a des lacunes, mais de là à l’écarter… »

Daniel Rieder peine à comprendre le choix de la Confédération d’écarter le projet d’agglomération de Delémont. Invité dans La Matinale, le chef du Service du développement territorial a toutefois reconnu des lacunes

La Confédération injectera 1 milliard 120 millions de francs pour soutenir les agglomérations de Suisse. Mais pas un rond pour Delémont, écartée dans l’avant-projet mis en consultation mercredi. Cette décision provoque un tollé parmi les autorités politiques jurassiennes.

Invité dans La Matinale sur RFJ jeudi, Daniel Rieder « confirme n’avoir reçu qu’un courriel fédéral. Le rapport d’examen avec les explications détaillées nous parviendra en mars », précise le chef du Service du développement territorial.

L’explication principale avancée par Berne, c’est que les projets jurassiens déjà soutenus ont pris du retard dans leur réalisation « C’est vrai, reconnaît Daniel Rieder, mais ce constat est valable dans toute la Suisse, il y a du retard dans pratiquement toutes les agglomérations ».

Le Conseil fédéral a reçu 37 dossiers à travers le pays. Il en a retenu 32. Faut-il en déduire que le dossier jurassien n’était pas suffisamment fourni, travaillé ? « Il faut faire preuve d’humilité et reconnaître que notre projet a des lacunes, a avoué Daniel Rieder. Nous devons proposer des améliorations. Mais entre améliorer le projet et l’écarter, il y a un pas qui nous surprend. »

 

Le Jura n’est pas Zurich

Mais ce qui dérange particulièrement Daniel Rieder, c’est le « manque de sensibilité politique de la Confédération. Écarter toute la région jurassienne d’un projet d’un milliard de francs, c’est comme si on annonçait qu’il n’y a plus de subvention agricole dans le canton de Vaud ! » Et le chef du développement territorial d’oser cette question : « Le Jura est le canton le plus pauvre de Suisse. Il n’y a pas autant d'argent à Delémont qu’à Zurich. Dès lors, est-ce que la Confédération veut soutenir les riches ou les pauvres ? Cela reflète un courant qui dit qu’il faut concentrer les investissements dans les grands centres du pays… une tendance qui menace l’équilibre de la Suisse. C’est une problématique générale de fond préoccupante », conclut Daniel Rieder. /clo

Retrouvez l'interview de Daniel Rieder


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