La fin programmée des urgences à Porrentruy et à Saignelégier

Le nouveau Concept cantonal de médecine d’urgence et de sauvetage prévoit la fermeture des ...
La fin programmée des urgences à Porrentruy et à Saignelégier

Le nouveau Concept cantonal de médecine d’urgence et de sauvetage prévoit la fermeture des urgences à Porrentruy et à Saignelégier avec toutefois quelques compensations

Urgences de Porrentruy Le site de Porrentruy de l'H-JU (photo: archives) perdra ses urgences mais une policlinique de jour se chargera des petits problèmes. A Saignelégier, les urgences seront totalement supprimées.

Le domaine des urgences médicales va subir de profonds changements dans le Jura. Les urgences des sites de Porrentruy et de Saignelégier de l’Hôpital du Jura vont fermer. C’est ce que prévoit le nouveau Concept cantonal de médecine d’urgence et de sauvetage qui a été présenté ce lundi. La révision de la loi sur les établissements hospitaliers qui en découle a été mise en consultation jusqu’à la fin septembre par le Gouvernement. Le Parlement devrait statuer l’an prochain et le concept pourrait être opérationnel 9 à 10 mois après l’entrée en vigueur du texte.

L’objectif du projet reste de garantir la sécurité sanitaire de l’ensemble de la population jurassienne. Les cas graves seront donc toujours transférés vers Delémont via la CASU 144. Les ambulances partiront toujours des trois sites de l’Hôpital du Jura. Plus globalement, le concept prévoit de renforcer la chaîne de secours avec la mise en place de Premiers Répondants - soit des secouristes bénévoles formés - de Médecins d’Urgence de Proximité et d’un Service Mobile d’Urgence et de Réanimation avec un médecin urgentiste à bord et qui comprendra deux unités le jour à Porrentruy et à Delémont et une de nuit à Delémont. Les changements n’engendreront aucune économie mais doivent permettre d’améliorer la prise en charge.

 

Des mesures compensatoires à Saignelégier et à Porrentruy

Pour les cas simples, le point le plus symbolique de la réforme c’est bien sûr la fermeture annoncée des urgences sur les sites de Porrentruy et de Saignelégier de l’H-JU. Des compensations seront toutefois mises en place. La garde médicale sera élargie de 8h à 22h, au lieu de 20h aujourd’hui. Un tri téléphonique des demandes s’effectuera en dehors de ces horaires via le numéro de garde et les patients seront dirigés, au besoin, vers Delémont. Par ailleurs, la prise en charge des petits problèmes sera assurée de jour, soit de 9h à 18h, par une policlinique au sein de l’hôpital de Porrentruy. Quant au site de Saignelégier, une réflexion est en cours pour créer un cabinet de groupe avec des médecins des Franches-Montagnes. Le site de Delémont, lui, sera renforcé avec un accès au bloc opératoire et aux soins intensifs 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Les divers changements n’engendreront aucune économie mais doivent permettre d’améliorer la prise en charge. Dans l’entretien ci-dessous, le ministre jurassien de la santé, Jacques Gerber, rappelle, tout d’abord, que la réforme ne va pas fondamentalement changer la situation pour les cas graves :

Quid pour Moutier ?

S’il est appliqué tel quel, le nouveau Concept cantonal de médecine d’urgence et de sauvetage pourrait avoir des répercussions pour l’hôpital de Moutier à l’issue du transfert de la ville dans le canton du Jura. Jacques Gerber évoque ci-dessous l'avenir concernant les urgences du site prévôtois :

Premières réactions

L'annonce de la fermeture des urgences à Saignelégier à Porrentruy pourrait générer des inquiétudes et des oppositions. Pour les personnes contactées ce lundi après-midi, il est toutefois trop tôt pour avancer, à chaud, un avis tranché. 

En Ajoie, tout d’abord, le groupe qui s’était formé en 2014 contre la fermeture des urgences de nuit à Porrentruy n’a pas encore pris position. Sa fondatrice, Stéphanie Naegeli, nous a indiqué qu’une analyse était en cours. Le groupe entend ainsi rédiger une liste de questions à l’adresse du service cantonal de la santé publique et de l’Hôpital du Jura pour éclaircir certains points. Stéphanie Naegeli rappelle toutefois que la population avait manifesté sa volonté de garder un service d’urgences via une pétition qui avait réuni plus de 5'000 signatures en 2014. De son côté, le maire de Porrentruy et vice-président du Syndicat intercommunal du district de Porrentruy n’a pas encore pris connaissance en détail du projet. Gabriel Voirol estime qu’il faut prendre du recul pour analyser la situation et s’assurer que la sécurité sanitaire sera garantie.

Réaction similaire du côté des Franches-Montagnes. Le président du Syndicat des communes, Raymond Jecker, souhaite d’abord s’informer des détails du concept avant de s’exprimer. Le sujet sera abordé lors d’un prochain comité et le syndicat se réserve le droit de réagir dans un second temps. /comm + fco


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus