La fusion des hôpitaux bâlois : débat animé

Partisans de la fusion et opposants se livrent à un combat d’arguments. Les Bâlois se rendent ...
La fusion des hôpitaux bâlois : débat animé

Partisans de la fusion et opposants se livrent à un combat d’arguments. Les Bâlois se rendent aux urnes le 10 février pour décider de leur avenir hospitalier

L'Hôpital universitaire de Bâle fusionnera peut-être avec l'Hôpital cantonal de Bâle-Campagne (photo: archives KEYSTONE/GEORGIOS KEFALAS). L'Hôpital universitaire de Bâle fusionnera peut-être avec l'Hôpital cantonal de Bâle-Campagne (photo: archives KEYSTONE/GEORGIOS KEFALAS).

C’est un dossier qui agite nos voisins bâlois. Les citoyens de Bâle-Campagne et de Bâle-Ville se rendront aux urnes le 10 février. Ils devront notamment se prononcer sur la fusion de l’Hôpital universitaire de Bâle avec l’Hôpital cantonal de Bâle-Campagne. La nouvelle entité hospitalière s’appellerait « Hôpital universitaire Nord-Ouest » et serait composée de quatre sites : Laufon, Liestal, Bruderholz pour Bâle-Campagne et l’Hôpital universitaire de Bâle pour Bâle-Ville. Les enjeux de ce scrutin sont majeurs et le débat fait rage.

 

Quatre sites pour un seul système

L’idée de base consiste à créer un seul système qui régit les quatre sites que sont Laufon, Liestal, Bruderholz et l’Hôpital universitaire de Bâle. Objectif : affiner les spécialisations et éviter les doublons. Ainsi, l’hôpital de Laufon deviendrait un centre de santé, qui conserverait toutefois ses urgences, alors que celui de Bruderholz deviendrait une clinique de jour. Les cas stationnaires seront essentiellement traités à Liestal et à Bâle. C’est sur le site universitaire que les cas les plus complexes seront pris en charge.

Le projet de fusion est né d’un constat que présente le conseiller d’Etat UDC en charge de la santé, Thomas Weber : « Les patients bougent indépendamment des frontières cantonales. Il est donc important que les ressources hospitalières soient planifiées en harmonie entre les deux cantons ». Le conseiller d’Etat estime que chaque site obtiendra ainsi un profil spécifique. Il se verra attribuer certaines spécialisations. L’objectif est également d’éviter les doublons dans le savoir-faire entre les établissements.

 

Qualité et reconnaissance vs crainte de privatisation

Les partisans de la fusion avancent plusieurs arguments. Voici trois d’entre eux qui nous ont été présentés par un des membres du groupe qui soutient la fusion et ancien président de l’exécutif de Bâle-Ville, Guy Morin :

  • Après la fusion, 60'000 patients seraient pris en charge par la nouvelle entité, contre 35'000 actuellement à l’Hôpital universitaire bâlois. Cette augmentation serait bénéfique pour la formation et la recherche et pour pérenniser l’établissement universitaire rhénan.
  • La fusion et les spécialisations mises en place sur chaque site permettraient une amélioration des prises en charge.
  • La fusion permettrait d’économiser 70 millions de francs par année.

 

Les opposants en avancent d’autres. Voici trois d’entre eux qui nous ont été présentés par une membre du Grand Conseil de Bâle-Ville, la socialiste Sarah Wyss :

  • Crainte de la privatisation de la santé.
  • Les hôpitaux de Bâle-Campagne disposent d’installations un peu vieilles, contrairement à l’Hôpital universitaire bâlois.
  • Financièrement, ce qui est prévu n’est pas équitable pour le fonctionnement du nouveau système, car Bâle-Campagne ne paie pas assez.

 

Regard jurassien

Ce débat bâlois est également suivi par les professionnels de la santé dans le Jura. L’Hôpital du Jura nous a d’ailleurs confié « qu’on peut s’attendre à ce que la fusion permette à l’Hôpital universitaire bâlois de se renforcer et de mieux assurer sa pérennité et sa notoriété ». L’établissement jurassien n'a pas souhaité prendre officiellement position. Il a ajouté que les conventions signées entre l’H-JU et l’Hôpital universitaire bâlois seront conservées, quelle que soit l’issue du vote du 10 février. /mle

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