L’HJU devra augmenter sa marge pour survivre

Une étude révèle qu’une majorité des hôpitaux suisses ne réalisent pas une marge suffisante ...
L’HJU devra augmenter sa marge pour survivre

Une étude révèle qu’une majorité des hôpitaux suisses ne réalisent pas une marge suffisante pour assurer leur avenir. L’Hôpital du Jura n’y fait pas exception mais se soigne et nourrit de bons espoirs

L'Hôpital du Jura devrait dégager une marge proche des 7% sur l'exercice 2019. L'Hôpital du Jura devrait dégager une marge proche des 7% sur l'exercice 2019.

Les hôpitaux suisses présenteraient un état de santé financier des plus précaires. C’est ce que révèle une étude assez alarmiste publiée en fin d’année par PwC, un réseau international d’entreprises spécialisées dans l’audit. Selon elle, la marge (EBITDA dans le jargon) dégagée par les hôpitaux suisses est insuffisante pour assurer leur avenir. Sur 44 hôpitaux en soins aigus pointés par l'étude, dont l’Hôpital du Jura (HJU), 37 d’entre eux n’atteignent pas la marge nécessaire de 10% pour pouvoir financer leurs investissements. Un quart se situe même en dessous des 5%, soit une situation critique.


L’Hôpital du Jura classé parmi les mauvais élèves

C’est d’ailleurs dans cette fourchette que l’étude PwC classe l’HJU de l’aveu même de son directeur des finances, Dominique Schaffner. La marge prise en compte n’est que de 3,2% en 2018. Mais ce chiffre est à nuancer car l’établissement jurassien a dû dépenser 4 millions de francs lors du dernier exercice pour la recapitalisation de la caisse de pensions, ce qui plombe son résultat. La marge moyenne sur ces dernières années est supérieure à 5% mais reste loin de ce fameux seuil des 10%. « Cela reste l'objectif de l’HJU à long terme. Mais dans le contexte actuel, sans l’objectif de construction d’un nouvel établissement de soins aigus, un 8% pourrait suffire dans le Jura. En effet, l’HJU a également 200 lits en EMS, est présent dans la rééducation. Or les besoins pour ces activités ne sont pas les mêmes que pour des soins aigus avec de la radiologie et des installations qui doivent être renouvelées plus fréquemment », étaye Dominique Schaffner.

Dominique Schaffner : « 8% pourrait suffire à court terme »

Mais à long terme, il faudra atteindre ces 10% pour survivre ne cache pas le directeur des finances de l’HJU. « Un pourcentage inférieur mettrait en danger la survie d’un hôpital comme le nôtre, c’est vrai. On est assez confiant dans un premier temps d’atteindre les 8% puisque l’exercice 2019 devrait boucler près des 7%. » Reste que l’HJU a déjà fait grimper sa marge ces dernières années à coup de mesures d’économies. Quels leviers restent-ils pour l’augmenter encore ? Le premier problème a trait au tarif des activités ambulatoires, inférieures à ce que coûtent réellement les prestations. L’Hôpital du Jura touche actuellement 89 centimes pour une prestation qui lui coûte 1 franc 20. « C’est désormais un problème politique. C’est évoqué au niveau de la Confédération, du canton également. On attend aussi avec impatience l’actualisation du tarif TARMED. D’autres approches tarifaires vont intervenir dans l’ambulatoire et on espère que le nouveau système couvrira mieux les coûts », avance Dominique Schaffner.

« Nous sommes assez confiants »

Certains hôpitaux, en grande difficulté, ont déjà reçu un coup de pouce de leur canton à l’image du cas neuchâtelois. L'avenir des hôpitaux suisses, selon l'étude, passe surtout par des collaborations et mutualisations de moyens entre cantons. Une voie dans laquelle s’est déjà engouffré l’Hôpital du Jura avec son voisin Bâlois. /jpi

Un EBITDA, c'est quoi ?


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