L’inquiétude grandit à la frontière franco-suisse

Dans le Jura comme dans le Nord Franche-Comté, on craint pour l’économie si la France venait ...
L’inquiétude grandit à la frontière franco-suisse

Dans le Jura comme dans le Nord Franche-Comté, on craint pour l’économie si la France venait à être placée sur liste rouge par la Confédération

Les acteurs économiques espèrent ne pas subir de nouvelles restrictions aux frontières comme au plus fort de la crise. (Photo d'archive : Georges Henz) Les acteurs économiques espèrent ne pas subir de nouvelles restrictions aux frontières comme au plus fort de la crise. (Photo d'archive : Georges Henz)

La France placée sur liste rouge, c’est la grande crainte des acteurs économiques des cantons frontaliers ces dernières heures. L'Hexagone a en effet franchi lundi la barre des 60 contaminations au coronavirus pour 100'000 habitants sur deux semaines. Or, au-delà de ce chiffre, la Suisse peut le considérer comme pays "à risque". Toute personne en provenance de France devrait, le cas échéant, observer une quarantaine de dix jours.


« Tenir compte des réalités économiques des cantons frontaliers »

« Il y a des inquiétudes pour l’accès de la main-d’œuvre frontalière au sein de nos entreprises, restaurants, commerces, institutions de soin. On craint aussi la fermeture des postes frontières comme au plus fort de la crise », confie le directeur de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura, Pierre-Alain Berret. Il plaide d’ailleurs en faveur d’exceptions pour les travailleurs frontaliers, « des mesures pragmatiques qui tiennent compte des réalités économiques des cantons frontaliers ».

Pierre-Alain Berret : « On craint des complications importantes »

L’inquiétude est aussi palpable de l’autre côté de la frontière, en France voisine. Avec même une part d'incompréhension pour Christian Rayot, président de la communauté de communes du sud Territoire de Belfort, zone frontalière avec le Jura. « Une telle décision serait très mal perçue parce que la répartition du Covid sur le territoire français est très inégale. Ces 60 contaminations pour 100'000 habitants, c’est une statistique nationale. Si vous prenez le Territoire de Belfort, il n’y a quasiment pas eu de coronavirus ces huit derniers jours, aucun cluster, quasiment personne en réanimation. Donc on ne comprend pas », insiste l’élu terrifortain.

Christian Rayot exprime son incompréhension

Les frontaliers ne seraient pas les seuls touchés selon lui, mais une telle situation « poserait aussi des problèmes aux stations essences de Boncourt qui vivent principalement grâce aux frontaliers et aux Français, mais aussi aux magasins français car beaucoup de résidents suisses viennent y faire leurs courses. » Afin de préserver l’économie transfrontalière, la Suisse pourrait opter pour ne placer que certaines régions françaises en zones à risque comme l’a fait l’Allemagne. Tous les regards sont désormais tournés vers le Conseil fédéral qui devrait prendre une décision ces prochaines heures. /jpi


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