Confinés dans un dortoir à Bure

Huit recrues de la caserne ajoulote sont confinées dans leur dortoir depuis vendredi dernier ...
Confinés dans un dortoir à Bure

Huit recrues de la caserne ajoulote sont confinées dans leur dortoir depuis vendredi dernier, après un contact avec un collègue porteur du coronavirus

Vingt-quatre militaires sont porteurs du Covid-19 sur l'ensemble de la Suisse, selon les chiffres communiqués par l'armée mercredi. L'un d'entre eux est pris en charge à l'hôpital militaire de la place d'armes de Bure. Photo: archives Vingt-quatre militaires sont porteurs du Covid-19 sur l'ensemble de la Suisse, selon les chiffres communiqués par l'armée mercredi. L'un d'entre eux est pris en charge à l'hôpital militaire de la place d'armes de Bure. Photo: archives

Infectée par sa sœur lors de son week-end, une recrue de la caserne de Bure a fait pénétrer le virus dans la base militaire la semaine dernière. Sans attendre, le jeune homme a été pris en charge par l’hôpital militaire. Les recrues ont alors été rassemblées et celles ayant été en contact avec l’infecté ont dû lever la main. Une recrue confinée nous explique : « Dans les chars ou les dortoirs, le contact est difficile à éviter. En plus, il y avait un peu de laisser-aller au niveau du port du masque et des mesures, ces derniers temps. On est huit à avoir levé la main. Mais une vingtaine d’autres soldats n’ont pas voulu renoncer à leur week-end de congé lors de l’annonce, vendredi dernier… On était un peu énervés contre eux. On buvait des boissons dans les mêmes verres la même semaine! D'autres ont été dans les mêmes chars que lui. L'armée aurait pu gratter un peu...», poursuit la source. Ces recrues se sont, au final, fait tester à domicile et ont dû retourner à la caserne cette semaine, où ils ont tout de même droit à leur mission de striker et la fameuse marche de 50 kilomètres.

De leur côté, les trois Valaisans, le Jurassien, le Bernois et le Vaudois confinés ont « de la chance dans leur malheur », comme ils le disent, car ils échapperont à ces efforts. Leur seule distraction jusqu'alors? Le téléphone. « On fait vite le tour… on n’en peut plus des écrans, dit l’un d’eux. Même faire le ménage ou la cuisine serait un plaisir pour nous! On ne nous a fourni ni jeu de cartes, ni livre. Et on en a pour dix jours… voire même vingt si l’un de nous s'avère contaminé d'ici dimanche. Là, on est enfermé dans les dortoirs, on dort, on parle et on regarde des séries. On a entassé les matelas et créé un système de fixation avec des scotchs pour accrocher nos téléphones », rit-il. Depuis, ils se sont aussi débrouillé pour recevoir des colis avec de quoi occuper leurs mains... et leur gosier.

Contacté mercredi matin, le porte-parole de l’armée suisse Daniel Reist parle d’un budget débloqué pour occuper les soldats en quarantaine. Si, comme le disent les confinés, celui-ci n’ont pas été très utile pour égayer les dortoirs de Bure, ces jeux ou matériels de formation seront certainement pratiques aux recrues qui apprenaient ce matin, partout en Suisse, qu’elles n’auront plus le droit de quitter leur caserne depuis ce jour et jusqu’à la fin de cette école de recrue, le 30 octobre - les cours de répétition n'étant pas concernés. 

Daniel Reist comptabilisait mercredi 24 cas de Covid-19 au niveau de l’armée suisse, dont 18 ne présentant aucun symptôme. Il souligne que tous ont été infectés dans le cadre de leur sortie du week-end. « Les gens commencent à se lasser des mesures, ils sortent, fêtent et ne font pas autant attention qu’avant... Face aux chiffres de contamination en augmentation au niveau suisse, il fallait agir en prenant des mesures », commente Daniel Reist. Pour lui, à l’armée, c’est comme au niveau privé : on se base sur la responsabilité individuelle et la confiance. « Les gens sont honnêtes. Il y a un auto-contrôle. De plus, les chefs de section savent bien qui boit des bières avec qui, le soir », répond-il. Il ne se montre donc pas tout à fait du même avis que les recrues en confinement actuellement à Bure, qui auraient voulu voir leur vingtaine de collègues les accompagner dans ces longues heures d’attente. « Mais au moins, on ne se mord pas les doigts en se demandant si on a contaminé notre mère, qui, elle, aurait transmis le virus à notre grand-mère... », conclut une source, qui se met à l’idée de rester enfermée dans la caserne encore deux week-ends supplémentaires. /cka

 


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus