De nouveaux forages prévus sur l’ancienne décharge de Bonfol

De nouvelles investigations doivent être menées sur une zone où le taux de pollution ne baisse ...
De nouveaux forages prévus sur l’ancienne décharge de Bonfol

De nouvelles investigations doivent être menées sur une zone où le taux de pollution ne baisse pas suffisamment

L'accès à l'une de ces lentilles sableuses est maintenu au moyen d'un puits. (Photo : bci Betriebs-AG) L'accès à l'une de ces lentilles sableuses est maintenu au moyen d'un puits. (Photo : bci Betriebs-AG)

On n’en a pas encore fini avec l’assainissement de la décharge de Bonfol. Si l’excavation des déchets de l’industrie chimique bâloise s’est terminée en 2016 et que le site a depuis été renaturé, certaines zones présentent encore un taux de pollution problématique. De nouvelles investigations et de nouveaux forages seront donc effectués dès ce mois de novembre pour évaluer les risques.


Des « lentilles sableuses » nécessitent encore une attention particulière

Globalement les objectifs d’assainissement de la décharge ont été atteints il y a trois ans, sauf pour trois zones, localement limitées, que les spécialistes appellent des « lentilles sableuses ». « De la pollution, il y en a toujours dans cette décharge. Quand on parle d’assainissement, ça veut dire qu’on est en dessous des valeurs-limites fixées pour les différents polluants », explique Jean Fernex, collaborateur scientifique à l’Office de l’environnement. Pour nos trois fameuses lentilles sableuses, on est encore au-dessus de ces valeurs. Dans deux d’entre elles, la pollution a déjà fortement diminué et l’évolution est donc plutôt satisfaisante. Mais la troisième reste problématique puisque cette pollution ne baisse pas suffisamment.


« Un cocktail des polluants de la décharge »

Dans ces zones s’est infiltré et agglutiné le « jus » de la décharge. « C’est un cocktail des polluants que pouvait contenir la décharge », résume Jean Fernex. L’industrie chimique bâloise utilisait dans les années 60’ tout un tas de substances, des solvants, des médicaments. « C’est un gros mélange de tout ça, avec une toxicité forte pour l’être humain. Des substances potentiellement cancérigènes et aussi nocives aussi pour la faune », ne cache pas le collaborateur scientifique à propos de ce cocktail pas tellement digeste.


Quels risques dans l’immédiat ?

C’est précisément ce que vont devoir définir les prochaines investigations. Dès ce mois de novembre, des grosses machines vont venir pour sonder, creuser, prélever, avant une deuxième phase en janvier prochain. Ensuite, ce sera analysé au printemps pour évaluer les risques. Tout dépend finalement de la quantité de ces polluants ainsi que de leur mobilité qui est notamment fonction de leur taille. « Il faudrait éviter que ces polluants ne rejoignent les eaux souterraines », avance Jean Fernex, ce qui nécessiterait alors des mesures de décontamination supplémentaires. Mais actuellement, l’Office de l’environnement dit ne pas disposer d’indices montrant que ces polluants sont liés à des eaux souterraines ou de surface. Seule certitude, la surveillance du site devrait encore durer quelques années, 10 ans au moins. Tant qu’il y a de la pollution, l’industrie chimique bâloise (qui en est à l’origine) sera responsable de cette surveillance. Dans l'intervalle, ces nouvelles investigations ne remettent pas en cause le projet Land Art Bonfol dessiné par l'architecte Mario Botta. Les zones concernées par les forages se trouvent en effet en périphérie du lieu défini pour cette réalisation. /comm-jpi


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