Le médecin cantonal Christian Lanz admet que depuis le mois de mars, on n’en sait pas beaucoup sur les effets du Covid sur les enfants. Des questions restent sans réponse, alors que des classes entières sont actuellement en quarantaine
Les écoles du Jura ne sont pas épargnées par le coronavirus. Ces deux derniers jours, deux classes d’école primaire ont dû être fermées dans le canton : l’une à Develier, l’autre à Alle. A chaque fois, un élève avait été testé positif au Covid-19. La classe se poursuit donc à la maison, pour tous les enfants, pendant les quelques jours de quarantaine.
A l’école secondaire, plusieurs écoliers manquent à l’appel chaque semaine. Il n’y a toutefois pas de quarantaine généralisée, puisque « les étudiants portent le masque et respectent les distances en classe », explique Fred-Henri Schnegg, chef du Service de l’enseignement. Les absents rattrapent alors les cours comme lors d'une maladie lambda.
Mais le fait que des cas de coronavirus se développent à l'école peut poser question, même s'il apparaît que les enfants sont moins gravement touchés par le virus que les adultes.
Pas de port du masque imposé avant le secondaire
A vrai dire, le rôle des enfants dans la pandémie reste toujours aussi flou, selon Christian Lanz, médecin cantonal : « Malheureusement, on n’a pas appris beaucoup plus de choses en Suisse. On ne peut pas dire qu’il y a une systématique, chez les petits. Mais on est quasiment sûrs qu’ils ne sont pas les moteurs de la pandémie. »
Pour autant, quand un cas est découvert au sein d’une école primaire, la classe entière doit être mise en quarantaine. Une situation qui est « un peu problématique », selon Fred-Henri Schnegg… mais qui ne nécessite pas d’obliger les petits enfants à porter le masque pour le moment : « Aucun canton romand n’est prêt à imposer cette règle dans les écoles primaires. On pourrait se poser la question pour les degrés 7 et 8, mais ce n’est pas envisagé pour le moment. » Interrogé sur cette question, Martial Courtet, ministre de la formation, a donné la même réponse, tout en admettant que si la situation venait à se dégrader dans les écoles primaires les prochains temps, il pourrait « y penser ».Les adolescents plus touchés que les jeunes enfants
A l’école secondaire, c’est désormais la règle : il faut porter le masque tout le temps et respecter la distanciation. Parce que selon le médecin cantonal, le virus devient plus virulent et plus contagieux avec l’âge. Ca devient surtout problématique vers 12 ans : « A la puberté, le système immunitaire se modifie. Dans le Jura, il y a eu plusieurs centaines de cas de coronavirus chez les adolescents, alors que chez les plus jeunes, on peut compter le nombre de cas sur nos deux mains. » Les écoles ne représentent donc pas des foyers de contamination ; Martial Courtet ajoute que la situation est pour le moment « acceptable » et ne nécessite pas de prendre de mesures supplémentaires, quelles qu’elles soient. « Nous voulons que les écoles fonctionnent, qu’elles restent ouvertes, pour éviter au maximum les décrochages scolaires », explique-t-il.
Responsabilité individuelle après l'école
Pour Christian Lanz, le fait de demander aux adolescents de porter un masque et de respecter les distances, c’est « un compromis », qui doit permettre au virus de ne pas trop circuler. « Mais garder ses distances en classe, c’est une chose. Le plus problématique, c’est après la classe, car on peut moins contrôler… j’appelle les adolescents à continuer à respecter les distanciations sociales même hors de l'école », conclut Christian Lanz. La vigilance reste de mise en tout temps. /cto









