Commerce jurassien : un air de deuil

De sinistres affiches ont fleuri sur les devantures de commerces dits « non-essentiels » de ...
Commerce jurassien : un air de deuil

De sinistres affiches ont fleuri sur les devantures de commerces dits « non-essentiels » de la région qui ont dû fermer leurs portes ce lundi, à la suite de la décision du Conseil fédéral

Dans le Jura, des affiches ont fleuri sur les vitrines des commerces catégorisés comme « non-essentiels » selon les critères de la Confédération. Dans le Jura, des affiches ont fleuri sur les vitrines des commerces catégorisés comme « non-essentiels » selon les critères de la Confédération.

Du noir et du blanc. Une croix mortuaire. Et ce message empreint d’ironie : « Les non-essentiels remercient le Conseil fédéral ! ». Dans les rues marchandes du canton, chaque vitrine de magasin aux portes closes est placardée de la sorte. On pourrait croire que les commerçants se sont organisés en catimini pour faire ressortir leurs craintes après les annonces du Conseil fédéral mercredi dernier. Mais non, ils étaient les premiers surpris en les découvrant.

Les patrons du bar le Pépin, à Porrentruy, ont découvert une affiche sur leur devanture dimanche soir. Ils la laisseront à la vue de tous, détonne l'un d'eux Olivier Ribeaud. Elle résume l’état d’esprit, le ras-le-bol. Car la situation devient catastrophique, révoltante, selon lui. Les soutiens financiers sont inexistants alors que les factures continuent à tomber, dit-il. Tout est flou. « La vente à l’emporter pourrait nous empêcher de toucher des aides ? On ne sait pas ! On ne sait rien… », lâche-t-il.


Certaines affiches ne resteront pas

Même s’ils adhèrent au message, à la frustration partagée, des commerçants enlèveront l’affichette de deuil. « Je ne sais pas qui l’a collée, j’ai peur que ça soit un peu complotiste », raconte Anne-Laure Schwab, bijoutière à Delémont. Isabel Odiet, qui vend du tabac à côté, ne sait toujours pas si elle peut ouvrir. « Le tabac est un bien essentiel ? Je ne sais pas. J’accueillais une personne à la fois dans mon magasin. Il n'y avait pas de risque de contamination. Cette décision de fermeture ne tient pas debout », dit-elle.


Initiatives locales en réflexion

Sur les groupes de messagerie téléphonique des unions commerçantes régionales ou de restaurateurs, les échanges fourmillent. Il y a de la rancœur, de la colère. Une sensation d'injustice. « Il y a deux manières de vivre cette frustration », soutient le président de la structure ajoulote Thomas Schaffter. Des initiatives locales pourraient d’ailleurs voir le jour en marge, à l’exemple d’un système de livraison de marchandises. A voir si de nouvelles structures, ainsi, naîtront de ces « deuils » affichés sur les devantures. /cka


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