Tendance chou dans un monde en crise

Qu’il soit blanc, rouge ou frisé, le chou a vu ses ventes exploser de 28% l’an dernier en Suisse ...
Tendance chou dans un monde en crise

Qu’il soit blanc, rouge ou frisé, le chou a vu ses ventes exploser de 28% l’an dernier en Suisse. Son prix a aussi chuté en raison de la forte importation mais les producteurs locaux sont invités à surfer sur la vague

Les ventes de chou ont explosé plus fortement que celles de l'ensemble des légumes. (Photo libre de droits : illustration) Les ventes de chou ont explosé plus fortement que celles de l'ensemble des légumes. (Photo libre de droits : illustration)

La cote des variétés anciennes de légumes avait pris l’ascenseur l’année dernière avec la crise du Covid et le semi-confinement. Mais au milieu des cagettes, le chou a fait un véritable carton. Choux blancs, rouges ou frisés, il s'en est vendu plus de 4'600 tonnes en Suisse sur l’année 2020, soit une hausse de 28% comparée aux années précédentes. La demande est même beaucoup plus forte que celle qui concerne l’ensemble des légumes (+17%).

Les ventes ont augmenté, mais le prix du chou a diminué. (Graphique : OFAG). Les ventes ont augmenté, mais le prix du chou a diminué. (Graphique : OFAG).

François Monin : « Avec plus d'importation, le prix est en chute libre »

Des chiffres qui s'expliquent en partie par le regain de forme des marchés et de la vente directe à la ferme en période de pandémie, mais aussi par la chute des prix du chou. Nos producteurs locaux n'ont donc malheureusement pas profité tant que ça de cette tendance pour en faire leurs choux gras. « C’est bien là le problème, parce que finalement le nombre de choux suisses vendus n’est pas si spectaculaire que ça. On a constaté une hausse des importations dès avril alors que c’est vers mai habituellement. Avec plus d’importation et moins de valeur ajoutée, le prix moyen est donc en chute libre de près de 20%. Du coup, le revenu pour les producteurs jurassiens est plutôt stable », regrette le directeur d'AgriJura François Monin.

« C’est de toute façon une bonne nouvelle »

Le chou est donc à la mode, mais pas encore à la mode de chez nous. La grande question est désormais de savoir si surfer sur cette tendance du moment vaut le coup. Si l’attrait pour les légumes anciens semble se confirmer en ce début d’année, il faudra sans doute attendre la sortie de crise pour déterminer s’il s’agit d’un changement des habitudes durable ou non. « Mais à long terme, c’est de toute façon une bonne nouvelle. Ça démontre la possibilité pour les acteurs jurassiens d’augmenter leur capacité de production. Sur l’année passée, il est difficile pour un agriculteur de s’adapter à une augmentation de la consommation du jour au lendemain. Mais si on voit que c’est une tendance à long terme, l’agriculteur peut dédier plus de surface à ces cultures. Je crois qu’il faut profiter du « trend » actuel. L’effet Covid est encore là cette année, on incite donc nos producteurs et maraîchers à continuer sur la même voie que l’an dernier », conclut François Monin. Histoire de ne pas faire chou blanc face à une telle aubaine. /mle-jpi

François Monin : « Il faut profiter de la tendance actuelle »


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