Ex-confiserie Werth : « personnel roulé dans la farine » selon Unia

Le syndicat dénonce des malversations et de l’enrichissement personnel. L’employeur se défend ...
Ex-confiserie Werth : « personnel roulé dans la farine » selon Unia

Le syndicat dénonce des malversations et de l’enrichissement personnel. L’employeur se défend

Le syndicat Unia a fait part de son mécontentement devant l'ex-confiserie Werth mardi matin à Delémont. Le syndicat Unia a fait part de son mécontentement devant l'ex-confiserie Werth mardi matin à Delémont.

Le syndicat Unia monte aux barricades pour soutenir les employés de l’ex-confiserie Werth à Delémont, qui a aussi une succursale à Moutier. L’établissement a été déclaré en faillite le 3 mars dernier, mais poursuit aujourd’hui son activité sous la nouvelle entité « La Confiserie de la Gare » avec un effectif réduit. Unia dénonce des malversations et de l’enrichissement personnel.

D’après le syndicat, l’employeur a obtenu du chômage partiel (RHT) depuis le début de la pandémie en mars 2020 et les employés auraient ainsi perçu 80% de leur salaire, alors que certains d’entre eux travaillaient à 100%. Unia estime que ce personnel est « roulé dans la farine » et exige donc qu’un versement de tous les montants dus soit réalisé sans délai. D’autre part, le syndicat juge l’attitude de l’Office des poursuites et faillites de Delémont « très étonnante » puisqu’il a été décidé que « l’administration de la faillite n’entrait pas dans le contrat de travail ». Unia dénonce un flou. « Nous ne percevons ni salaire, ni chômage », déplorent quelques ex-employés de la confiserie Werth sous couvert d’anonymat.


Des collaborateurs en colère

Ces collaborateurs, justement, sont aujourd’hui en colère. « La faillite a été prononcée, mais nous sommes toujours sous contrat ! Nous n’avons plus aucune rentrée financière, c’est une catastrophe », déplorent-ils. Et d’ajouter : « Nous étions payés à 80% par la RHT en travaillant à 100% et en réalisant de très belles caisses. Où est passé cet argent ? Le patron nous a demandé des efforts pour sauver l’entreprise, d’être soudés, et a mis les deniers dans sa poche !». De son côté, Unia indique que l’employeur a refusé de dévoiler les enregistrements du temps de travail et qu’il a grugé les assurances. « Tous les timbrages ont été effacés », disent pour leur part les ex-employés, ajoutant avoir accepté – dans un premier temps – la manière de procéder du patron par crainte du licenciement. Aujourd’hui, plusieurs membres du personnel qui ont témoigné anonymement affirment vouloir aller jusqu’au bout, devant la justice s’il le faut. « On ne veut pas qu’il s’en sorte ! ».


« L’objectif est de réengager tout le monde »

Contacté par notre rédaction, le patron balaie les accusations d’un revers de main. « Depuis la faillite, nous avons réengagé deux tiers des employés, qui ont tous été payés fin mars. Et l’objectif est de réengager plus tard tous les collaborateurs qui sont au chômage aujourd’hui. Nous ferons des nouveaux contrats. Mais pour cela, nous devons attendre les décisions du Conseil fédéral sur la réouverture des établissements de la restauration. Nous ne pouvons pas le faire avant », explique Roger Veya. Et au sujet de l’absence de revenus du personnel qui ne travaille plus aujourd’hui, l’employeur se défend également : « Quand une faillite est prononcée, il n’y a pas de dédite. C’est à l’Office des poursuites de fournir les documents, pas à nous ».

Roger Veya donne également son point de vue sur les RHT versées à ses employés. « Du personnel était à la maison faute de travail. D’autres personnes ont travaillé à 80% après l’instauration d’un tournus. Pas à 100% ! Certaines d’entre elles sont venues travailler bénévolement pour tenter de sauver l’entreprise ». Et d’ajouter : « Nous avons perdu 50% de rentrées avec l’absence d’événementiel. Licencier des collaborateurs aurait coûté 150'000 francs à l’entreprise. Nous n’avions donc pas les moyens de le faire. Pour finir, nous avons manqué de liquidités ». La confiserie Werth a toutefois perçu 150'000 francs de l’Etat jurassien au titre de soutien pour cas de rigueur afin d’éviter la faillite. « Oui, mais après un an ! », rétorque Roger Veya. « Nous avons huit mois de retard dans les factures. Avec ce montant, nous avons payé très rapidement nos fournisseurs et versé le salaire des employés à fin février. Que voulez-vous que l’on fasse après, alors qu’il nous manque 100'000 francs chaque mois ? ».

La faillite de Werth a donc été prononcée le 3 mars. S’en est suivie la création de La Confiserie de la Gare, toujours dirigée par Roger Veya. « Si l’activité s’est poursuivie entretemps, c’est pour écouler les denrées périssables. Les rentrées financières entre le 3 et le 8 mars se trouvent dans la caisse de l’Office des poursuites, pas dans la mienne. On va désormais essayer d’avoir une affaire plus petite, mais la réouverture n’est pas définitive », conclut le patron.

Voilà pour les avis dans cet épineux dossier. Nous avons enfin contacté le Service de l’Economie et de l’Emploi du canton du Jura pour connaître sa vision. Pas de commentaire pour l’heure : « Le dossier est en traitement sous plusieurs aspects », nous a-t-on dit. /rch


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