L’effet pass sanitaire ? Trop tôt pour l’établir

Voilà un mois que le certificat Covid régule une partie de la société, période durant laquelle ...
L’effet pass sanitaire ? Trop tôt pour l’établir

Voilà un mois que le certificat Covid régule une partie de la société, période durant laquelle le nombre de contamination a significativement baissé. Mais gare aux conclusions hâtives

L'impact du certificat Covid sur les contaminations est extrêmement complexe à calculer. (Photo : KEYSTONE/LAURENT GILLIERON) L'impact du certificat Covid sur les contaminations est extrêmement complexe à calculer. (Photo : KEYSTONE/LAURENT GILLIERON)

C’était le 13 septembre. Il y a un mois, le certificat Covid entrait dans nos vies en Suisse pour nous permettre d’aller au restaurant, au cinéma, au concert et dans d’autres lieux publics de loisirs. Un mois durant lequel le nombre de contaminations a significativement baissé au niveau national ainsi que dans le canton du Jura. Entre la rentrée scolaire, mi-août, et le 13 septembre, on enregistrait dans notre région 160 cas de coronavirus en moyenne par semaine. Depuis le lancement du certificat Covid, le Jura tourne en moyenne à 56 cas par semaine. Alors effet pass sanitaire ou non ? « C’est clairement réducteur de comparer deux chiffres hors contexte et extrêmement difficile d’en tirer des conclusions définitives. Ce qui est important en mathématiques, c’est la question que l’on pose », coupe l’immunologiste jurassien Quentin Haas.


Besoin d’une quantité phénoménale de facteurs

« Il faudra à l’avenir calculer l’incidence et les conditions de déploiement du pass pour vérifier son impact. C’est une panoplie de calculs qui demande un plus que quelques semaines », poursuit le scientifique. Souvenez-vous, la flambée observée entre la mi-août et la mi-septembre était attribuée par les autorités à un effet « retour de vacances ». Si les chiffres baissent, n’est-ce pas simplement cet effet « retour de vacances » qui s’estompe ? Même réponse, ce n’est pas si facile. « Là vous ajoutez encore un autre facteur. Vous voyez donc que les maths, c’est un peu plus compliqué que de comparer deux pourcentages à un temps T. C’est exactement ça le problème. On a besoin d’une quantité phénoménale de facteurs pour arriver à s’approcher d’une vérité mathématique », rappelle le docteur en immunologie. Le même raisonnement peut s’appliquer à la phrase « le virus circule plus activement chez les moins de 20 ans » entendue à plusieurs reprises dernièrement, une hypothèse mathématiquement complexe à démontrer.

Le virus circule plus activement chez les jeunes ? L'éclairage de Quentin Haas

Bon, alors tentons notre chance avec le taux de vaccination qui a grimpé de près de 10% dans le Jura depuis la rentrée scolaire (55,36% de la population entièrement vaccinée au 11 octobre contre 46,61% au 16 août, proportion similaire en ne tenant compte que de la première dose). Là encore, il est prématuré de tirer un lien de cause à effet direct avec la baisse des contaminations. « On sait que la vaccination a un impact sur la transmission, les contaminations, les hospitalisations et les décès, mais il faut à nouveau voir dans quelles populations sont répartis ces 10%, sur quelle tranche de période, et est-ce que cela corrobore une diminution de la transmission. Et avec l’introduction du pass en plein milieu, est-ce une addition de facteurs ? Ou sont-ils indépendants l’un de l’autre ? Tout cela est extrêmement compliqué à dégager mathématiquement, ça va prendre un certain temps à calculer », répète Quentin Haas. Vous avez compris la leçon. Les chiffres ne restent que des indicateurs… à qui l’on peut faire dire tout et son contraire en changeant simplement la question de départ. Désolé de ne pas avoir fait beaucoup avancer le « Schmilblick », mais la réponse est qu’actuellement « on ne sait pas ». /jpi


 

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