Le Jura étoffe son dispositif d’accueil des réfugiés ukrainiens

L’accueil en hébergement collectif sera désormais privilégié à l’arrivée avec 150 places nouvellement ...
Le Jura étoffe son dispositif d’accueil des réfugiés ukrainiens

L’accueil en hébergement collectif sera désormais privilégié à l’arrivée avec 150 places nouvellement créées, l’intégration sociale sera également renforcée via l’apprentissage de la langue française

Le bâtiment des Bergeronnettes à Delémont se transforme en centre d'hébergement collectif pouvant accueillir 50 personnes. Le bâtiment des Bergeronnettes à Delémont se transforme en centre d'hébergement collectif pouvant accueillir 50 personnes.

Après l'urgence, le canton du Jura adapte son dispositif d'accueil des réfugiés ukrainiens. Ils sont désormais 420 à vivre dans la région, dont une grande majorité de femmes et d’enfants, tandis que la barre des 50'000 réfugiés arrivés en Suisse depuis le début de la guerre a été récemment franchie. Des chiffres qui devraient encore grimper dans les mois à venir en raison du conflit qui perdure sur le sol ukrainien. Le Jura s'attend par conséquent à accueillir autour d'un millier de réfugiés d'ici l'automne prochain. Les solutions d'hébergement collectif seront donc accrues dès le 1er juin avec 150 nouvelles places réparties sur l'école St-Paul à Porrentruy, le bâtiment des Bergeronnettes situé rue de l'hôpital à Delémont ainsi que la colonie de vacances de Fornet-Dessus à Lajoux.

Muriel Christe Marchand : « Envisager les deux mois à venir avec sécurité »

Alors que les familles d'accueil constituaient jusqu'ici la solution privilégiée à l’arrivée des réfugiés (55% des hébergements actuels), le premier passage se fera désormais essentiellement en hébergement collectif. « On comptera toujours à l’avenir sur les  familles d’accueil, mais en ayant pris le temps préalablement d’évaluer avec elles la qualité et les conditions de l’accueil. Les arrivants seront en hébergement collectif pour une durée de deux ou trois semaines avant d’être orientés vers d’autres solutions, par exemple en appartement (environ 200 places disponibles) ou famille d’accueil », explique Muriel Christe Marchand, cheffe du Service de l'action sociale. Ce dispositif permettrait d’affronter les deux mois à venir avec sérénité, sous réserve de l’évolution du conflit.

Priorité sur l'apprentissage du français

L’urgence des premières arrivées ayant été gérée, le Jura veut désormais renforcer et affiner les dispositifs d'intégration sociale des réfugiés. Bien que le niveau de formation des Ukrainiens soit souvent plus élevé que celui observé dans la migration traditionnelle, la barrière de la langue reste un frein non négligeable à l’emploi ou la formation professionnelle. C'est pourquoi la priorité sera mise sur l'apprentissage du français. « Des tables de discussion pour accéder aux mots de vocabulaire quotidiens seront organisées dans les centres d’hébergement collectif avec des bénévoles de la Croix Rouge. Dès maintenant, les personnes qui le souhaitent peuvent également suivre des cours le soir avec notre partenaire dans l’apprentissage du français qui est Comunica. Enfin dès la rentrée scolaire seront mises en place des classes AIS (Agenda Intégration Suisse) avec un apprentissage du français intensif quatre jours par semaine, ce qui sera d’autant plus important pour les personnes qui voudront accéder au marché du travail ou à une formation professionnelle », détaille le directeur de l'Association Jurassienne d'accueil des migrants, Pierluigi Fedele. Les classes d’accueil relevant de l’école obligatoire à destination des enfants seront évidemment maintenues.

Pierluigi Fedele détaille les possibilités d'accès à l'apprentissage du français

Le dispositif relatif aux questions de santé évolue également. Tous les nouveaux arrivants seront désormais systématiquement convoqués à une consultation médicale dans le cadre de la Maison de santé communautaire à Delémont. /jpi


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