Gare à l’embrasement ! Le dossier de la géothermie profonde à Haute-Sorne qui déchaîne les passions prend des proportions inquiétantes. Le ministre de l’environnement David Eray révélait mercredi devant le Parlement être la cible de menaces de mort. Ce jeudi, c’est le Parti Vert’libéral qui affirme que certains de ses membres favorables au projet ont reçu des courriers avec des flots d’insultes. Sans oublier la joute verbale par micros interposés sur RFJ entre David Eray et le député socialiste Pierre-André Comte. Autant de signaux qui montrent que ce dossier a pris un tournant particulièrement nauséabond.
Le commentaire de Jérémie Pignard
« Les menaces proférées à l’encontre d’un élu attestent d’une dangereuse escalade. Elles sont inexcusables, d’ailleurs condamnées par la classe politique et certains groupes d’opposants au projet. Aujourd’hui, le fonctionnement des institutions n’est plus compris, ou plus accepté. Les propos du ministre David Eray à notre micro hier témoignent d’une fracture profonde : la remontée d’inquiétudes de la population par des députés sort, pour lui, du cadre politique et institutionnel. C’est pourtant bien le rôle de ces élus du peuple. Excès démocratique pour David Eray, vide démocratique pour les autres qui y voient le passage en force d’un Gouvernement qui s’abrite derrière la conformité juridique du projet en fermant les yeux sur les nombreuses oppositions au sein de la population ET de la classe politique. À l’inverse, les opposants n’ont jamais eu confiance dans les organes de suivi et de contrôle qui leur ont ouvert la porte. On sent, dès lors, le débat épuisé, le dialogue rompu. Ce qui fait craindre des débordements sur lesquels David Eray pose des mots alarmants : « ghetto », « combats de rue »… Les casques anti-émeutes emmenés mercredi par les policiers au Parlement semblent préparer à l’affrontement. Il apparait urgent de faire redescendre tout le monde en température avant que le couvercle ne saute ! Le dossier est devenu si chaud politiquement qu’il brûle les doigts de son ministre, coincé entre le marteau de la pression populaire et l’enclume financière en cas d’abandon du projet. À tel point que David Eray pourrait lorgner sur une probable partielle à l’automne prochain avec deux ministres actuels candidats aux élections fédérales : l’occasion rêvée de changer de département et refiler la patate chaude à un nouveau ministre. »








