La lutte pour la création du canton du Jura n’a pas été que politique, elle a également été culturelle. Bernard Bédat s’est trouvé à la croisée de ces deux mondes dans les années 60 et évoque ses souvenirs dans le cadre de notre chronique « Notre passé nous montre le chemin » qui célèbre les 50 ans du vote du 23 juin 1974. L’Ajoulot âgé aujourd’hui de 86 ans a été membre du comité directeur du Rassemblement jurassien et président de la Fédération d’Ajoie du RJ. Il est entré dans la troupe de théâtre des Malvoisins dans les années 50 qui a ensuite mis sur pied des soirées poésies dans les villages du Jura. Il a également été un des co-fondateurs des Editions des Malvoisins en 1966. La maison d’éditions a publié, notamment, « La Corrida » de Jean Cuttat en 1966 et, surtout « Liberté à l’aube » d’Alexandre Voisard en 1967. Un des poèmes de ce dernier recueil, « L’Ode au pays qui ne veut pas mourir », a été lu par l’auteur à la tribune de la Fête du peuple jurassien de cette même année et repris en chœur par plus de 40'000 personnes.
« Dans les récitals de poésie, quand Alexandre Voisard récitait des passages de "Liberté à l’aube", les larmes coulaient aux yeux des gens »
« Liberté à l’aube » a connu un fort retentissement dans le Jura mais aussi dans les milieux culturels de Suisse romande. Bernard Bédat rappelle que Jean Cuttat, Pablo Cuttat et Alexandre Voisard entretenaient des contacts avec des écrivains comme Maurice Chappaz qui a, d’ailleurs, écrit la préface du recueil. Les réseaux du Valaisan, notamment, auprès des journalistes de Romandie, ont alors perms de mieux faire connaître la lutte des Jurassiens pour créer un canton.
« On a eu le sentiment que nos écrivains avaient conquis le cœur des écrivains romands »
« Le Rassemblement jurassien a été influencé par ceux qui voulaient à tout prix créer un Etat »
Le prochaine chronique « Notre passé nous montre le chemin » donnera la parole à Francis Theurillat. /fco











