« Notre passé nous montre le chemin » : Pierre Philippe

À 91 ans, le Delémontain Pierre Philippe a tout connu de l’histoire de la Question jurassienne ...
« Notre passé nous montre le chemin » : Pierre Philippe

À 91 ans, le Delémontain Pierre Philippe a tout connu de l’histoire de la Question jurassienne depuis 1947 jusqu’à nos jours.

Pierre Philippe, âgé de 91 ans est une mémoire vivante de la Question jurassienne. Pierre Philippe, âgé de 91 ans est une mémoire vivante de la Question jurassienne.

Il a tout connu et tout vécu de l’histoire de la Question jurassienne, de l’affaire Moeckli en 1947 aux votes de Moutier en 2017 et en 2021. Pierre Philippe est âgé aujourd’hui de 91 ans. Le Delémontain évoque ses décennies de lutte pour l’indépendance du Jura dans notre chronique «  Notre passé nous montre le chemin  » sur les 50 ans du vote du 23 juin 1974. Pierre Philippe s’est engagé très jeune dans le combat pour la création d’un canton du Jura, d’abord au Mouvement séparatiste jurassien de 1947 à 1951 puis au Rassemblement jurassien jusqu’en 1994 puis au Mouvement autonomiste jurassien. Le Delémontain a ainsi écrit au moins 700 articles pour «  Le Jura Libre  » sous le pseudonyme de Rambévaux. Pierre Philippe a participé au «  réveil du peuple jurassien  » en 1947 après l’affaire Moeckli. Il était présent devant l’Hôtel de ville de Delémont le 20 septembre 1947 lors de la manifestation de protestation contre le refus de nommer le Jurassien Georges Moeckli à la tête de la Direction des travaux publics au sein du gouvernement bernois, sous prétexte qu’il ne maîtrisait pas le dialecte alémanique.

Pierre Philippe : « Dans ma mentalité d’enfant de 14 ans, je pensais qu’en 15 jours ou 3 semaines on allait liquider tout ça. »

Pierre Philippe a été aussi le co-fondateur du Mouvement universitaire jurassien qui a vu le jour le 13 septembre 1964. Il a également présidé la section de Delémont du Rassemblement jurassien de 1967 à 1976. Pierre Philippe a ainsi été un des artisans de la victoire du 23 juin 1974. Le Delémontain a aussi connu des moments moins joyeux au sein du RJ comme en 1959. Le 5 juillet 1959 perd le premier vote organisé sur la Question jurassienne. Son initiative qui demandait l’organisation d’un vote sur le problème de l’autonomie jurassienne est refusée à 51,9% dans le Jura historique. Les districts des Franches-Montagnes, de Delémont et de Porrentruy acceptent toutefois le texte. Le résultat modifiera l’approche politique du Rassemblement jurassien qui raidira son discours pour le tourner davantage vers la défense de la langue française et de l’identité francophone du Jura. L’affaire de la place d’armes des Franches-Montagnes et la manifestation des Rangiers le 30 août 1964 - lorsque le conseiller fédéral Paul Chaudet a été empêché de parler – ont alors redonné un nouveau souffle au RJ.

« Rentrant des Rangiers, mon père – qui avait écouté tout ça à la radio et qui était un vieux séparatiste – m’a engueulé. »

Dans sa longue expérience de militant, Pierre Philippe a même fait partie d’un Gouvernement jurassien d’opposition qui avait siégé, en 1972, à trois reprises à Lucelle, sur le territoire français… Il est aussi l’un des pères de l’initiative UNIR en 1988 et de l’initiative «  Un seul Jura  » en 2003. Pierre Philippe a également suivi avec passion les deux votes de Moutier sur son appartenance cantonale le 18 juin 2017 et le 28 mars 2021. Le Delémontain garde un mauvais souvenir des sous-plébiscites de 1975 qui ont mené à la séparation du Jura historique mais indique n’avoir jamais perdu espoir. «  On avait été faire de la propagande à Moutier en 1975 et des gens nous ont mis à la porte de manière agressive. »

« On avait été faire de la propagande à Moutier en 1975 et des gens nous ont mis à la porte de manière agressive. »

La prochaine chronique «  Notre passé nous montre le chemin  » donnera la parole à Maxime Jeanbourquin. /fco


 

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