Notre passé nous montre le chemin : Alain Charpilloz

Alain Charpilloz, de Bévilard, milite depuis soixante ans pour la cause jurassienne et continue ...
Notre passé nous montre le chemin : Alain Charpilloz

Alain Charpilloz, de Bévilard, milite depuis soixante ans pour la cause jurassienne et continue, de nos jours, à écrire dans « Le Jura Libre »

Alain Charpilloz, membre du comité directeur du Rassemblement jurassien, nous raconte ses souvenirs. Alain Charpilloz, membre du comité directeur du Rassemblement jurassien, nous raconte ses souvenirs.

La création du canton du Jura doit beaucoup à l’engagement des militants du Nord mais aussi à celui de patriotes du Sud. Alain Charpilloz a été un des artisans « sudistes » du combat jurassien et raconte ses souvenirs dans notre chronique « Notre passé nous montre le chemin » consacrée au 50e anniversaire du vote du 23 juin 1974. L’industriel de Bévilard était membre du comité directeur du RJ, le Rassemblement jurassien, à l’époque des plébiscites. Il a ainsi participé directement aux campagnes des scrutins qui ont mené à la naissance du canton  : celui du 23 juin 1974 à l’échelle des sept districts du Jura historique, ceux du 16 mars 1975 dans les trois districts du Sud ainsi que ceux des 7 et 14 septembre 1975 et du 19 octobre 1975 pour certaines communes limitrophes. La campagne en vue du vote du 23 juin 1974 n’a duré que cinq semaines puisque c’est le 18 mai que les délégués du RJ ont choisi d’appeler à voter « oui ». Les principaux éléments de campagne avaient toutefois été préparés en amont. Le RJ avait, par ailleurs, discrètement commandé une étude d’opinion pour savoir si l’avis de la population s’était modifié depuis le vote de 1959 qui avait débouché sur le refus d’une initiative demandant l’organisation d’une consultation populaire sur l’avenir du Jura.

« J’étais terrifié par l’optimisme délirant de mes camarades du Jura Nord »

La période qui a suivi le vote du 23 juin 1974 s’est caractérisée par une forte dégradation du climat politique pour les militants autonomistes dans le Jura Sud. La votation du 16 mars 1975 s’est donc déroulée dans une ambiance particulièrement malsaine. Alain Charpilloz raconte ainsi que certaines personnes ont alors ostensiblement refusé de le saluer. Il a également été la cible de bris de vitres, de pneus crevés et même de menaces de mort. Il souligne qu’il n’était pas difficile d’être militant jurassien dans le Sud avant le 23 juin 1974 mais que certains pro-bernois se sont sentis dupés par le vote favorable à la création d’un canton du Jura et la situation a alors « tourné au vinaigre », selon ses termes.

« J’avais reconnu la voix de celui qui m’avait menacé de mort »

Alain Charpilloz a commencé à militer au sein du groupe Bélier dans les années 60 avant de faire partie du MUJ, le Mouvement universitaire jurassien puis de siéger au comité directeur du RJ dans les années 70. Il est ainsi devenu une des figures marquantes du mouvement autonomiste dans la période post-plébiscitaire au sein d’Unité jurassienne et en tant que rédacteur pour «  Le Jura Libre  » pour lequel il continue d’écrire de nos jours. Alain Charpilloz évoque ainsi une opération du groupe Bélier pour perturber une réception des ambassadeurs étrangers à Berne. Il souligne le caractère souvent humoristique des actions du Bélier, à l’instar d’un mystérieuse opération baptisée «  saucisses  » destinée à confondre un informateur de la police bernoise et lors de laquelle les gendarmes sont tombés sur… d’autres gendarmes.

« Quand vous avez les rieurs de votre côté, ce n’est pas très agréable d’être de l’autre »

La prochaine chronique «  Notre passé nous montre le chemin  » sera consacrée à Daniel Hubleur. /fco


 

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