Le socialiste jurassien annonce ce vendredi sa démission du Conseil national. A 68 ans, il cèdera sa place à Loïc Dobler au terme de la session de mars, après avoir siégé durant 14 ans.
L’information cheminait depuis quelques semaines dans les chaumières politiques régionales, elle est officielle depuis ce vendredi matin : Pierre-Alain Fridez (PS) va mettre un terme à sa carrière politique. A 68 ans, le médecin de Fontenais va céder son siège de conseiller national qu’il occupe depuis le mois de décembre 2011. Il s’arrêtera au terme de la session de printemps, qui se tient du 2 au 20 mars à Berne. Dès avril, le siège socialiste sera occupé par Loïc Dobler, une « évidence » pour PIerre-Alain Fridez.
Présent durant 14 ans sous la Coupole, le médecin Fridez a été parqué par son parti dans la sérieuse commission de politique de sécurité. « En arrivant à Berne, je pensais aller à la santé, le problème, c'est que c'est très prisé chez les socialistes 80%, des élus veulent aller dans cette commission. » Néanmoins, au fil des ans et des législatures, il est devenu le spécialiste des dossiers militaires pour la gauche de l’hémicycle. « J'ai mis toute mon énergie dans les dossiers militaires », souligne-t-il. Il a d’ailleurs écrit plusieurs ouvrages sur l’acquisition du fameux avion F-35 et les risques liés à la guerre en Ukraine. Selon lui, les enjeux de sécurité pour la Suisse sont davantage le manque de policiers pour lutter contre la criminalité et le terrorisme ainsi que la cybersécurité.
Les mandats du Jurassien l’auront aussi amené à beaucoup voyager puisqu’il fut membre de la délégation du Conseil de l’Europe, qu’il présida. Dans ce cadre, c'est surtout le domaine de l'immigration qui l'a marqué : « Je suis surtout frappé par la misère, par cette situation de détresse que vivent des gens et ça m'a renforcé comme médecin, comme humaniste dans les actions que je pouvais avoir dans ce domaine. »
Membre du Bureau du Conseil national en tant que scrutateur, Pierre-Alain Fridez fut ainsi le premier Jurassien à connaître l’élection d’Elisabeth Baume-Schneider au Conseil fédéral le 7 décembre 2022. « C'était extraordinaire, j'ai d'ailleurs un peu craqué », confie-t-il. C'est d'ailleurs l'un de ses souvenirs les plus marquants avec sa contribution à l'élection d'Alain Berset au Conseil de l'Europe.
Pourquoi Loïc Dobler ?
Pierre-Alain Fridez a informé son parti ce jeudi soir et la presse ce vendredi matin de sa décision. Lors des élections de 2023, pour lesquelles il avait obtenu une dérogation de son parti pour siéger une législature supplémentaire, l’Ajoulot avait laissé la porte-ouverte à ne pas aller au bout des quatre ans. Son départ s’inscrit ainsi dans une certaine logique. Son successeur aura quasiment deux ans pour s’imprégner des dossiers en vue d’une potentielle réélection lors des prochaines élections fédérales, à l’automne 2027. Loïc Dobler est élu sans (re)passer par la case « urnes » tout simplement parce que le résident de Glovelier était le colistier de Pierre-Alain Fridez lors des dernières élections en 2023. Il est ainsi élu de fait, comme le fut Mathilde Crevoisier-Crelier au Conseil des Etats lorsqu’Elisabeth Baume-Schneider est devenue conseillère fédérale. /clo
Pierre-Alain Fridez était en direct de notre Journal de 12h15 :









