Tensions autour de la venue de Claude Hêche à Moutier

Hôtel de Ville Moutier

La venue de Claude Hêche à Moutier le 26 novembre fait des vagues dans la classe politique de la région. Le Jurassien devrait être élu président du Conseil des Etats lundi prochain. Il aura ensuite droit à une journée en son honneur le mercredi. Son train spécial doit s’arrêter une première fois dans la cité prévôtoise, avant de poursuivre sa route vers Delémont. Et c’est cet arrêt d’un politicien du Jura en terres bernoises qui fait de plus en plus polémique.

« Une sorte de provocation »

Lundi, le groupe Notre Prévôté a dénoncé une manigance jurassienne. La semaine dernière, c’est la députée UDC du Jura bernois Anne-Caroline Graber qui a déposé une interpellation urgente. « L’arrêt du train de Claude Hêche à Moutier est un geste inélégant, contraire aux bons usages et de nature à porter atteinte aux bonnes relations entre les cantons du Jura et de Berne », nous a déclaré l’élue de La Neuveville. Et Anne-Caroline Graber d’ajouter : « Cet arrêt peut être perçu comme une sorte de provocation. Sa dimension symbolique n’échappe à personne. Elle peut vouloir dire que Moutier est déjà une ville jurassienne avant même le vote communaliste ». La députée sera malgré tout présente le 26 novembre à Moutier. « C’est une situation délicate pour moi. J’irai en qualité de vice-présidente de la Députation francophone au Grand Conseil, en non en tant que Anne-Caroline Graber, auteure de l’interpellation urgente sur cet arrêt à Moutier ».

« C’est affligeant »

Député-maire autonomiste de Moutier, Maxime Zuber a réagi suite aux hostilités qui se sont manifestées sur la venue de Claude Hêche dans sa ville. « Le Conseil municipal de Moutier n’a rien demandé. Nous avons répondu à une demande de Claude Hêche formulée il y a plus d’une année. Nous aurions répondu aussi favorablement à n’importe quelle autre demande de visite d’un premier élu aux Chambres fédérales. Certains milieux réagissent maintenant, c’est dommage ». Maxime Zuber affiche donc son incompréhension : « Il n’y a aucune raison de polémiquer. Moutier est fière d’accueillir le président de la Chambre haute. C’est l’occasion de parler de la ville au-delà de nos frontières. En réagissant contre cette visite, les partis antiséparatistes deviennent la risée de toute la Suisse. Ils se manifestent parce que c’est Claude Hêche, parce qu’il est Jurassien et parce qu’il y a un sentiment anti-jurassien dans une partie de la classe politique bernoise qui n’a pas le niveau. Ces gens en sont toujours à l'âge de pierre. C’est affligeant, triste, et ça ridiculise une partie de la classe politique ».

Le Conseil-exécutif bernois représenté

Dans cette affaire, Claude Hêche est bien sûr le premier concerné. Le futur président du Conseil des Etats n’a pas voulu réagir. « Je souhaite prendre de la hauteur par rapport à ça, la hauteur liée à la fonction », s’est contenté de nous déclarer le citoyen de Courroux. Du côté des organisateurs des festivités du 26 novembre, on a rappelé que le Conseil-exécutif bernois a été averti le 6 août dernier de cette visite de Claude Hêche à Moutier. Selon eux, cette annonce a été bien accueillie. La Conseillère d’Etat Barbara Egger-Jenzer sera d’ailleurs du voyage dans le train spécial de l’élu jurassien.

Par ailleurs, l’arrêt de Claude Hêche dans un canton qui n’est pas le sien n’est pas une première en Suisse. En 2012, le Tessinois Filippo Lombardi avait fait halte à Altdorf, dans le canton d’Uri, avant d’être honoré en Suisse italienne. /rch


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