Unia et Syna mandatés pour défendre le personnel de BAT à Boncourt

Les syndicats ont reçu le mandat de représenter le personnel de l’usine British American Tobacco ...
Unia et Syna mandatés pour défendre le personnel de BAT à Boncourt

Les syndicats ont reçu le mandat de représenter le personnel de l’usine British American Tobacco (BAT) à Boncourt lors d’une assemblée du personnel. Des propositions devraient être formulées pour sauver le site

C'est à la quasi-unanimité que le personnel de l'usine BAT de Boncourt (JU) a mandaté les syndicats Unia et Syna pour les représenter lors de la procédure de consultation. (Photo : KEYSTONE / Georgios Kefalas). C'est à la quasi-unanimité que le personnel de l'usine BAT de Boncourt (JU) a mandaté les syndicats Unia et Syna pour les représenter lors de la procédure de consultation. (Photo : KEYSTONE / Georgios Kefalas).

L'assemblée du personnel de l'usine BAT à Boncourt, menacée de fermeture, a donné le mandat aux syndicats Unia et Syna de la représenter. La procédure de consultation de quatre semaines doit permettre de formuler des propositions pour sauver le site. « Le mandat a été donné à la quasi-unanimité », a souligné vendredi Laurent Crevoisier, secrétaire régional Syna. « Nous avons senti un fort attachement des salariés à leur place de travail », a ajouté le syndicaliste. Unia et Syna unissent ainsi leurs forces pour soutenir le personnel et ne veulent pas entendre parler de plan social pour le moment.


« Des alternatives et propositions crédibles pour conserver des places de travail »

Le but de la manœuvre est bien d’échafauder un plan de sauvetage du site et des emplois. Même face à une multinationale avec une direction à Londres, Yves Defferrard est persuadé qu’il y a quelque chose à sauver. « Nous avons fait une évaluation économique et il est clair qu’il y aura des alternatives et des propositions qui seront faites pour maintenir des places de travail. Sur certaines entreprises, on se rend compte parfois qu’il n’y a plus de produit, plus de client, et on n’arrive pas à faire quelque chose. Ici, on pense monter un rapport crédible. Le site est rentable, c’est déjà un bon point. Mais il ne faut pas non plus être dans un optimisme béat, on est conscient que ce sera difficile et que les chances sont minces, mais on mettra tout en œuvre », confie ce membre du comité directeur national d’Unia. L’attachement des pays du Golfe pour le « Made in Switzerland » et les droits de douane sur le tabac pourraient être des leviers possibles, bien qu’Yves Defferrard se garde de commenter ces pistes. Récemment, le site de Boncourt a par ailleurs augmenté ses volumes en raison de la guerre en Ukraine, ce qui a nécessité l’engagement de quelques intérimaires.

Syna et Unia en ordre de bataille pour échafauder un plan de sauvetage

Syndicats et personnel ont donc constitué un groupe de travail d’une vingtaine de personnes à l’intérieur de l’entreprise, tous connaisseurs de différents secteurs de BAT Boncourt, afin de dresser un état des lieux précis. « On va analyser toutes les pistes possibles pour maintenir l’emploi. Ça veut dire réfléchir à toute opportunité d’amélioration du site, de la production, de tous les aspects de l’entreprise », explique Laurent Crevoisier. La méthode a déjà obtenu des résultats dans quelques cas notables par le passé. « Bombardier, Novartis, Generali, Sapal, Bosch sont toutes des multinationales qui sont revenues en arrière sur leur décision de délocaliser », avance Yves Defferrard. Le comité de soutien a par ailleurs reçu des garanties de la direction pour mener cette consultation de manière sereine et acceptable. Désormais, « silence radio » des syndicats durant 1 mois, avant de poser ce fameux rapport sur la table de la direction de BAT à Londres et des autorités cantonales. La décision définitive de British American Tobacco est attendu courant décembre. Les syndicats affirment leur volonté de déposer leur plan de sauvetage dans les temps, mais n’excluent pas de demander une éventuelle prolongation du délai de consultation. /ATS-gtr-jpi

Yves Defferrard : « Plusieurs multinationales sont déjà revenues sur leur décision de délocaliser »


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