Débuts timides pour la livraison des produits du terroir à domicile

Se faire livrer son panier de produits du terroir directement à la maison, ce n’est pas encore ...
Débuts timides pour la livraison des produits du terroir à domicile

En six mois, une cinquantaine de paniers ont été livrés dans le Jura. En six mois, une cinquantaine de paniers ont été livrés dans le Jura.

Se faire livrer son panier de produits du terroir directement à la maison, ce n’est pas encore un réflexe chez les jurassiens. L'offre a été lancée il y a six mois par La Poste en partenariat avec la Fondation Rurale Interjurassienne (FRI) qui a assuré la promotion de ce projet. Avec une cinquantaine de paniers livrés depuis juillet dernier, ce nouveau service a connu des débuts plutôt timides.

Le principe est pourtant attractif : vous commandez vos produits régionaux chez l’un des prestataires (Mini-Marchés de Delémont et Courgenay, Magasin et Gîte rural de Courcelon, la boucherie St-Hubert et la fromagerie Kälin-Roy au Noirmont), et c’est le facteur qui livre votre panier directement chez vous ! Une initiative censée aider les producteurs à vendre des produits « locaux ». Mais sur ces six premiers mois, on ne peut pas encore dire que se faire livrer par le facteur soit rentré dans les habitudes. D'autant plus que vingt paniers ont été livrés à une seule et même entreprise pour les fêtes de fin d’année, soit une commande exceptionnelle venue soudainement doper les chiffres. « Le bilan est à nos yeux positifs. Ce qui compte, c'est surtout d'avoir mis en lumière et en valeur les prestataires de la région, que ce soit les bouchers, fromagers ou commerces de détail. L'objectif était surtout de donner un outil pour que le consommateur puisse se fournir en produits régionaux, et à ce niveau là l'objectif est rempli », commente Olivier Lapaire qui supervise le projet à la FRI.

« Les prestataires doivent faire vivre cette offre par le bouche à oreille »

En revanche, la Fondation Rurale Interjurassienne constate que plusieurs consommateurs, attirés par les flyers faisant la promotion de l’opération, se sont rendus directement dans les magasins de produits locaux. Le jurassien préfère-t-il finalement se déplacer plutôt que d’être livré chez lui ? « Le contact doit être gardé entre le consommateur et le producteur. C'est aussi important que le client aille à la rencontre des producteurs, pose des questions... Ensuite cette démarche peut être complétée par la livraison par La Poste sans avoir besoin de se déplacer à chaque fois », explique Olivier Lapaire.

Mais cette dernière étape ne s’est pas encore démocratisée. Parmi les raisons possibles, le fonctionnement de ce service très local qui n’est pas facile à appréhender pour le consommateur. Il existe six zones de distributions, chacune avec un centre de commande. Mais lorsque vous êtes habitants d’une zone, vous pouvez difficilement commander des produits figurant dans une offre d’une autre zone... Bref, le découpage s'avère un peu complexe mais selon Olivier Lapaire, c’est aussi et surtout aux prestataires qui vendent leurs produits de s’investir pleinement dans la publicité de ce service. « Ils doivent faire vivre cette offre par le bouche à oreille en ciblant leur clientèle et en proposant ce service notamment aux personnes ayant des problèmes de mobilité ou qui font des courses volumineuses. Il reste effectivement du travail à accomplir ». La FRI ne se met pas la pression et n’affiche aucun objectif chiffré pour les prochains mois. Reste à savoir si La Poste continuera de soutenir cette activité si celle-ci venait à ne pas décoller. /jpi

Réaction d'un prestataire, Romain Bürki responsable du Mini-Marché de Delémont


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