British American Tobacco craint une baisse de production à Boncourt

L’usine de Boncourt pourrait voir sa production chuter de 20 à 30% suite à l’annonce d’une ...
British American Tobacco craint une baisse de production à Boncourt

L’usine de Boncourt pourrait voir sa production chuter de 20 à 30% suite à l’annonce d’une nouvelle taxe sur le tabac en Arabie Saoudite

L'usine de Boncourt exporte 60% de sa production vers le Moyen-Orient. L'usine de Boncourt exporte 60% de sa production vers le Moyen-Orient.

L'usine de tabac BAT à Boncourt secouée par une décision prise... en Arabie Saoudite ! Le prix des cigarettes vient de doubler dans le royaume saoudien suite à une taxe imposée par l’Etat. Pour compenser la baisse du prix du pétrole, l’Arabie Saoudite a dû trouver d’autres moyens pour produire de la richesse. Elle a donc décidé de taxer des biens de consommation comme les boissons énergétiques et le tabac. Or, l'usine de tabac de la British American Tobacco (BAT) à Boncourt exporte 60% de ses cigarettes vers le Moyen-Orient, dont l’Arabie Saoudite. Cette augmentation aura donc des répercussions directes sur le fonctionnement de l’usine jurassienne de l'aveu même de ses dirigeants. Les volumes de production pour le marché du golf pourraient ainsi baisser de 20 à 30%, selon la direction du groupe. Une chute qui s’explique simplement : les cigarettes étant plus chères, les Saoudiens risquent d'en acheter moins, par conséquent Boncourt ne va plus en fabriquer autant. Ce ne sont pour l’instant que des estimations fournies par BAT, les effets concrets devraient se ressentir dans le Jura dans les trois prochains mois mais tout dépendra de la durée de la baisse.

 

Une décision anticipée

En effet, les conséquences ne seront peut-être pas aussi sévères qu’on ne serait tenté de l’imaginer. Tout simplement parce que BAT a eu le temps d'anticiper. Cette taxe était censée entrer en vigueur en novembre 2016 mais a sans cesse été repoussée jusqu’à ce fameux 11 juin, de quoi s'y préparer. British American Tobacco a également constaté que les baisses de consommation ne sont pas durables dans le temps. Illustration en Suisse, lorsque le prix du paquet de cigarettes augmente, la consommation ralentit effectivement dans les trois premiers mois qui suivent l’augmentation, avant de se rééquilibrer petit à petit. Comme si, passé le temps des bonnes résolutions, les fumeurs assagis se remettaient à tirer sur les cigarettes avec la même frénésie qu'avant. Enfin, il ne faut pas oublier que le marché saoudien répond à une logique particulière. Une partie de la population y est très fortunée, une augmentation de prix ne signifie donc pas nécessairement une brusque chute de la consommation.

 

BAT capable de gérer les fluctuations ?

Dans l’immédiat, les responsables du groupe BAT ne craignent pas de recours au chômage à Boncourt. Il sera dans un premier temps possible de jouer sur le temps de travail. L’an dernier, les salariés de Boncourt ont réalisé beaucoup d’heures supplémentaires. Aussi, si la production connaît un petit creux, BAT va donc pouvoir compenser ce trop-plein d’heures en ralentissant un peu la cadence. En revanche, une baisse prolongée et durable de la production pourrait entraîner des mesures de chômage partiel. La direction précise, par ailleurs, qu'elle n'y recourt pas actuellement. Enfin pour amortir la baisse, une stratégie est également prévue à l'échelle mondiale du groupe : répartir différemment les volumes à produire entre les différentes manufactures européennes ou exporter les volumes destinés à l’Arabie saoudite vers d'autres marchés. /jpi


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