La tristesse des Taignons

Privés de Marché-Concours, certains Francs-Montagnards vivent un vendredi difficile, alors ...
La tristesse des Taignons

Privés de Marché-Concours, certains Francs-Montagnards vivent un vendredi difficile, alors que la grand-messe du cheval devait s’ouvrir à Saignelégier

L'esplanade du Marché-Concours ne connaît pas la fièvre habituelle de début août. Au premier plan, la glace qui provient de la patinoire, là où aurait dû se tenir le banquet. L'esplanade du Marché-Concours ne connaît pas la fièvre habituelle de début août. Au premier plan, la glace qui provient de la patinoire, là où aurait dû se tenir le banquet.

« Le Marché-Concours, c’est dans notre sang », « je suis très triste », « les souvenirs de l’année passée me viennent à l’esprit » : les Taignons n’ont pas peur d'étaler leur tristesse, alors que le Marché-Concours cuvée 2020 devait s’ouvrir ce vendredi à Saignelégier. La manifestation – qui accueille chaque année environ 50'000 visiteurs – a été annulée il y a plusieurs semaines déjà, à cause du coronavirus. Mais c’est ce vendredi, en particulier, que ça fait particulièrement mal. Rencontré à Saignelégier dans le cadre d’un journal spécial, le président de la manifestation était ému aux larmes en direct sur RFJ. Gérard Queloz a évoqué son « désarroi » en regardant cette halle-cantine vide, ces rues sans guinguette et cette esplanade dépourvue de spectacle.

Gérard Queloz : « Un sentiment de tristesse »

Motifs de satisfaction tout de même

L’annulation du Marché-Concours, c’est un coup dur pour les Taignons, pour les Jurassiens mais aussi – et surtout – pour les éleveurs. Ces derniers profitaient de l’événement pour rencontrer leurs clients et échanger. Reste que malgré l’annulation de la manifestation et la crise liée au coronavirus, la vente de chevaux franches-montagnes se passe très bien. D’après Chantal Oppliger, responsable de la vente de chevaux à la Fédération jurassienne d’élevage chevalin, « 90% des chevaux jurassiens en vente sont vendus actuellement ». Selon elle, les chevaux auraient même manqué si le Marché-Concours avait eu lieu. Chantal Oppliger regrette toutefois le prix de vente de certains franches-montagnes, parfois en baisse. « Certains éleveurs les bradent », regrette-t-elle avant d’ajouter : « C’est le moment de redonner leur vraie valeur aux chevaux de cette race », s’exclame Chantal Oppliger.

Chantal Oppliger : « Une année exceptionnelle au niveau des ventes »

Gérard Queloz, à gauche, et Chantal Oppliger devant l'esplanade du Marché-Concours... Gérard Queloz, à gauche, et Chantal Oppliger devant l'esplanade du Marché-Concours...

Les sociétés locales font la moue

Le Marché-Concours, ce n’est pas que la fête du cheval, c’est aussi la fête tout court. Les Jurassiens ont l’habitude de s’y retrouver et d’échanger. Pour les sociétés locales, c’est l’occasion de se faire connaître et de remplir les caisses. Pour certaines, la grand-messe du cheval représente même la moitié, voire plus du budget annuel. L’annulation de la manifestation les met donc parfois dans des situations financières compliquées.

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L'espoir fait vivre

Toutes les parties engagées sur le Marché-Concours espèrent évidemment que l'édition 2021 pourra se dérouler sans écueil. Le président de la manifestation, Gérard Queloz, entretient en tout cas des contacts réguliers avec les autorités politiques, qu'elles soient cantonales ou fédérales. /mle

L'intégralité du Journal de 12h15 délocalisé à Saignelégier 


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