Le comité qui a lancé l’initiative « Jura trop cher » n’est pas satisfait de la mouture sur laquelle le Parlement est appelé à se prononcer
Pas content, le comité « Pour des plaques moins chères » ! Il entend saisir la Cour constitutionnelle et aller au référendum si le Parlement accepte mercredi prochain le projet élaboré par la Commission de gestion et des finances pour réaliser l’initiative « Jura trop cher ». Selon les initiants, l’objectif du texte signé par près de 8'000 citoyens n’est pas atteint : les plaques resteront trop chères dans le canton par rapport à la moyenne suisse, alors que l’initiative demande de s’en rapprocher sensiblement.
Pour le comité, le nouveau mode de calcul – bien que prévoyant une baisse globale de 10% – fera encore trop de perdants, soit 24,2% des véhicules si la taxe de base s’établit à 225 francs, ou 41,7% si elle s’établit à 300 francs. « Les petites voitures et les hybrides coûteront plus cher, ce qui est une aberration », clame Pierre-Arnauld Fueg, président de la section jurassienne du TCS. Le comité cite un exemple en particulier : l’augmentation de la taxe – si la mouture de la CGF passe la rampe – pourra varier entre 62% et 94% pour une Suzuki Swift 1.0 Hybrid. « Nous constatons que le projet de loi tel qu’élaboré ne permet pas de réaliser l’initiative. Les plaques sont encore trop chères », ajoute Pierre-Arnauld Fueg. Et le député Yves Gigon d’ajouter : « L’Etat est à côté de la plaque ! ».
L’affectation de la taxe en question
Autre point qui froisse le comité « Pour des plaques moins chères » : l’affectation de la taxe. « Elle ne sera pas exclusivement consacrée aux routes, mais aussi à des buts écologiques et de sécurité routière. Pour nous, ceux-ci sont du ressort de l’impôt. Ils doivent être pris en compte sur le budget global de l’Etat et non sur le porte-monnaie de l’automobiliste », juge Pierre-Arnauld Fueg.
Le comité déplore enfin la manière dont l’initiative a été traitée. « Nous n’avons pas été intégrés à la discussion avec la Commission de gestion et des finances. Il n’y a eu aucune procédure de consultation », estime l’ancienne députée Pauline Queloz. « Il n’y a pas que nous qui sommes fâchés. On n’écoute pas les 8'000 personnes qui ont signé cette initiative. Je suis parlementaire depuis 2009 et j’ai rarement vu des dossiers traités avec aussi peu d’interaction et de consultation », dit pour sa part le président du comité, le député-suppléant Raoul Jaeggi.
Place désormais au débat au Parlement jurassien. /rch









