Des garde-fous pour la pratique des médecines alternatives

Le Parlement jurassien a accepté une motion demandant d’encadrer les médecines alternatives ...
Des garde-fous pour la pratique des médecines alternatives

Le Parlement jurassien a accepté une motion demandant d’encadrer les médecines alternatives et de définir des conditions d’exercice pour éviter certaines dérives observées notamment durant la crise du Covid

Le Parlement jurassien a accepté une motion afin de réguler les médecines alternatives. (Photo libre de droits). Le Parlement jurassien a accepté une motion afin de réguler les médecines alternatives. (Photo libre de droits).

Après les dérives observées durant le Covid, des garde-fous aux médecines alternatives seront désormais inscrits dans la loi. Le Parlement jurassien a très largement accepté ce mercredi. Par 50 voix contre 7 et une abstention, une motion du député PS Patrick Cerf pour réguler ces pratiques. Selon les pistes avancées par le Gouvernement, favorable au texte, une « autorisation de pratiquer » sera instaurée pour les titulaires d'un Diplôme fédéral de Praticien en Naturopathie ou Thérapeute complémentaire. Pour les autres, la proposition d’inscrire dans la loi sur la santé des « conditions d’exercices » a fait mouche aussi.


De nouvelles notions introduites dans la loi sur la santé

« On introduira certaines notions telles que l’absence de danger pour les patients, l’absence de risque de confusion avec des thérapies relevant de professionnels de la santé soumis à autorisation, et que l’activité des thérapeutes reste sous leur propre responsabilité », égrène le ministre de la santé Jacques Gerber. Le Gouvernement, en revanche, ne juge pas opportun d’introduire un registre des praticiens de médecines complémentaires comme ont pu le faire d’autres cantons. « Nous avons l’impression que cela donnerait une sorte de légitimité à laquelle nous ne pourrions pas répondre », défend Jacques Gerber. Les pistes gouvernementales marquent néanmoins « un bon point » souligné par le député PDC Olivier Goffinet, car cela permettra selon lui de « faire le tri entre les praticiens aux formations sérieuses et dont les pratiques sont sans danger, et les autres ».


« Ne prenons pas la responsabilité de continuer de fermer les yeux »

Citant un exemple canadien de pratiques dangereuses de naturopathes ayant conduit à la mort d’un patient qui avait stoppé son traitement contre le sida, le PCSI Quentin Haas a soutenu la nécessité de poser un cadre, car « nous avons les mêmes chez nous ». « Ne prenons pas la responsabilité de continuer de fermer les yeux » a appuyé Rémy Meury pour le groupe Verts-CS Pop. Seule l’UDC s’est fermement opposé à ce cadre jugé flou donc inefficace, « un fraudeur restant un fraudeur, diplômé ou pas », selon le député Lionel Montavon. Les ressources en personnel, non estimées, que demandera ce dispositif n’ont pas non plus rassuré l’UDC. Mais en acceptant de réguler ces pratiques, le Jura s’aligne sur bon nombre d’autres cantons. Il était d’ailleurs l’un des derniers à ne pas avoir encore légiféré en la matière. /jpi


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