Le législatif a majoritairement soutenu mercredi le budget 2024 de l’Etat jurassien sans passer par une dérogation au frein à l’endettement, ce qui conforte le chemin choisi par le Gouvernement pour rééquilibrer les finances cantonales
Le Parlement jurassien a choisi de poursuivre une voie médiane sur le chemin de l’assainissement des finances cantonales. Le législatif a accepté mercredi un budget 2024 déficitaire à hauteur de 3,1 millions de francs sans déroger au frein à l’endettement. Les discussions ont surtout porté sur un amendement du Centre qui demandait de retirer du budget les parts issues des bénéfices de la Banque nationale suisse. La somme – qui n’est pas garantie car elle dépend des résultats de la BNS – se monte à 11 millions.
Le commentaire de François Comte :
C’est une forme de pragmatisme - d’esprit de responsabilité, diront certains - qui s’est imposée au Parlement jurassien. L’amendement du Centre n’a pas été soutenu par le PLR qui s’est abstenu au nom du respect du frein à l’endettement et pour ne pas mettre en péril l’équilibre délicat qui a permis l’établissement du budget. L’ancien PDC peut se sentir trahi par PLR qui partage sa position de parvenir à un budget équilibré sans les parts de la BNS. Reste que rayer d’un trait de plume les 11 millions de francs inscrits au budget sans proposer de compensations aurait déclenché de facto le processus de dérogation au frein à l’endettement avec les incertitudes qu’il implique. De son côté, la gauche a tenu sa ligne de soutien au budget et n’a pas proposé de dépenses supplémentaires. Conclusion : tous les partis sont bien conscients de la nécessité d’assainir les finances cantonales mais c’est le rythme, l’ampleur et peut-être la méthode qui diffèrent. La solution la plus pragmatique, choisie par le Gouvernement et soutenue par la majorité du Parlement, consiste à privilégier le consensus. Elle mérite d’être empruntée même si le chemin de crête peut paraître étroit. A voir si elle sera suffisante pour ne pas basculer dans le précipice…








