Les deux partis jurassiens de droite se renvoient la balle par communiqués de presse interposés sur l’intégration des parts de la BNS au budget qui avait déjà fait débat mi-décembre devant le Parlement… mais reconnaissent leur accord sur le fond !
L'absence de contribution de la BNS en 2024 dans les finances cantonales a provoqué une petite passe d'armes régionale entre Le Centre et le PLR. La question d'intégrer ou non ces parts de la Banque nationale suisse au budget 2024 avait déjà fait débat devant le Parlement jurassien mi-décembre. Le Centre avait proposé un amendement pour retirer ces parts du budget, sachant qu'il n'y en aurait probablement pas. Le PLR s’était, lui, abstenu alors que le parti avait lui-même déjà formulé cette proposition par le passé. Depuis, les deux partis jurassiens de droite se renvoient la balle par communiqués de presse interposés.
Petits tacles devant les médias
« Plus surprenant, le PLR n’avait pas suivi non plus l’amendement du Centre alors qu’il avait lui-même déposé une motion afin d’empêcher la prise en compte des parts de la BNS dans le budget cantonal », peut-on lire dans la réaction du Centre Jura après l’annonce de la BNS. « De la part d’un parti gouvernemental, proposer 24 heures avant la séance du Parlement de retirer la part de la BNS démontre un manque de responsabilité. Et ce alors même que ce parti n’a jamais soutenu jusqu’alors les propositions du PLR d’exclure ces apports financiers aléatoires de l’élaboration du budget cantonal », riposte le PLR dans son communiqué. Dans les faits, il était connu, dès début décembre, qu’une minorité de la commission de gestion et des finances proposerait de biffer du budget les montants hypothétiques de la BNS. Le Centre assure aussi avoir soutenu par le biais de son chef de groupe la motion du PLR Yann Rufer en mai dernier, certes votée à bulletin secret, qui demandait déjà que les apports de la Banque nationale suisse ne soient plus intégrés au budget de fonctionnement de l'État.
François Monin : « On peut se rejoindre sur le fond avec une partie des députés PLR »
Pourtant, ces prises de position laissent entrevoir un accord sur le fond entre les deux partis. « On a vu lors de la motion Rufer que tant Le Centre que le PLR et l’UDC étaient d’accord sur le principe de ne pas prendre en compte ces parts », reconnaît François Monin, chef du groupe parlementaire centriste. « Mais il y a une grande incompréhension vis-à-vis du PLR qui n’a pas souhaité retirer ces parts de la BNS lors du vote il y a un mois. Dans la presse, une semaine avant le traitement du budget, leur député Yann Rufer disait pourtant que l’idée de retirer les deux parts du budget 2024 les séduisait », expose François Monin. « On était devant un cruel dilemme, celui de ne pas respecter le frein à l’endettement en enlevant cette manne au dernier moment. Or, c’est un principe auquel nous sommes très attachés », défend Gabriel Voirol, chef du groupe libéral-radical, comme il l’avait exposé mi-décembre.
Gabriel Voirol : « J’espère sincèrement que l’on va s’accorder en 2024 »
Ces querelles politiciennes désormais dépassées, 2024 sera-t-elle l’année durant laquelle la droite saura accorder ses violons sur ce sujet ? « Je l’espère très sincèrement, et ce n’est que comme cela que l’on peut avancer. Si on n'empoigne pas tous ensemble cette réflexion sur le fonctionnement de l’État, on n’arrivera pas à avoir un programme qui nous donnera une vision sur le moyen et long terme », prévient Gabriel Voirol. François Monin se dit aussi ouvert au dialogue, convaincu « qu’on peut se rejoindre sur le fond avec une partie des députés PLR ». Rendez-vous lors du vote du budget 2025 ? /jpi








