Dans une question écrite, le député prévôtois Francis Carnal s’attaque au groupe Bélier et se pose en défenseur du Canton de Berne. Le texte, cosigné par neuf autres députés du groupe, jette un pavé dans la mare.
Les termes employés par Francis Carnal dans sa question écrite « Le combat continue-t-il ? » déposée devant le Parlement jurassien sont sans ambiguïté. Le Canton de Berne est décrit comme le « bassin naturel » de Moutier. Le transfert de la nuit du 31 décembre dernier ? Un « triste instant », selon l’élu UDC qui fustige au passage des propos « annexionnistes » de Valentin Zuber qui, fraichement élu ministre, avait évoqué le sort de Belprahon qui « restait à régler » alors que la Question jurassienne est censée être close. Le Bélier, lui, est qualifié de « groupuscule belliqueux ».
Excuses jurassiennes et dissolution du groupe Bélier
Opposant historique au transfert de Moutier dans le Jura, Francis Carnal s’étonne qu’une délégation du Gouvernement jurassien ait défilé le 31 décembre dernier dans un cortège emmené par le groupe Bélier. Et il demande notamment si le Gouvernement s’est excusé auprès de Berne pour « ce dérapage » et s’il songe à dissoudre le groupe Bélier. Sous le texte figurent les signatures de neuf autres membres du groupe parlementaire UDC. Le parti agrarien assumerait-il un côté antiséparatiste ? « Que je sois pour ou contre, je signe toujours par solidarité du groupe », se défend Alain Koller, par ailleurs président de l’UDC Jura. Six députés du groupe n’apparaissent pourtant pas dans les signataires. « Simple problème technique de début de législature », explique Francine Stettler, présidente du groupe.
Certains membres se distancient des termes du texte
Le député Damien Lachat, non-signataire, confirme et dit avoir demandé à ce que sa signature soit ajoutée. « Je trouve la question générale pertinente, à savoir si le combat est fini ou non. Il ne faut pas y voir de l’anti-jurassien », défend le député de Bassecourt. Un membre du groupe glisse pourtant s’être abstenu, estimant « qu’on n’avance pas en ressassant le passé ». Un autre avoue « avoir signé par solidarité, mais sans soutenir tous les termes ». « Est-ce qu’on rejoint les questions de fond ? Oui », coupe pourtant Francine Stettler qui précise que « les termes employés restent propres à l’auteur ». « Le combat qu’ils ont mené, je ne peux pas me l’imaginer », souffle Alain Koller pour faire preuve de compréhension envers ses collègues prévôtois antiséparatistes qui ont « mal vécu » cette défaite. Mais le président de l'UDC Jura ajoute qu’il « faudra à un moment qu’ils tournent la page ». /jpi









