Le durcissement du service civil risque de priver le canton du Jura de millier d’heures de travail utiles. Le Gouvernement le reconnait dans une réponse à une question écrite du désormais ancien député écologiste Baptiste Laville. La révision de la modification de la loi fédérale sur le service civil, soumise au référendum, sera en votation le 14 juin. Si lors de la consultation, l’exécutif s’était prononcé en faveur des mesures visant à maintenir les effectifs de l’armée, il regrette aussi leurs impacts sur des pans importants de la société.
Dans une région rurale comme la nôtre, Baptiste Laville s’inquiète surtout d’une diminution du nombre de civilistes dans les domaines de l’agriculture, du social, du médico-social, de l’environnement et de la protection de la nature. En 2025, selon les chiffres de l’Office fédéral du service civil, 21'865 jours de service ont été menés dans le Jura, dont près de la moitié dans le domaine du social et un quart dans celui de la santé. L’instruction publique, avec plus de 2'000 jours et la conservation des biens culturels, avec plus de 1'600 jours, font aussi partie des domaines les plus plébiscités.
Difficile d’estimer les impacts
Selon la Confédération et le canton, il est à ce stade impossible de quantifier le nombre d’heures de service civil qui disparaitraient avec la réforme, mais les secteurs de la santé et de l’agriculture pourraient être particulièrement touchés, en raison de la nouvelle interdiction des affectations qui nécessitent des études de médecine humaine, dentaire ou vétérinaire. Un sondage mené auprès de services de l’Etat relève d’ailleurs quelques effets redoutés, comme l’incapacité de mener certains projets à bien ou la réduction de temps pour l’accompagnement de patients ou pour l’appui aux enseignants. Le Gouvernement compte prendre la mesure des conséquences sur les terrains concernés le moment venu et au besoin rechercher des solutions.
À noter que le l’exécutif jurassien n’a pas entrepris de démarches pour s’opposer au durcissement de l’accès au service civil et n’est pas prêt à soutenir activement le référendum. /emu








