Les cours d’eau tirent la langue comme jamais

Au sortir de l’été, le niveau et le débit des rivières restent « délicats » dans le Jura. Le ...
Les cours d’eau tirent la langue comme jamais

Au sortir de l’été, le niveau et le débit des rivières restent « délicats » dans le Jura. Le nord du Mont-Terri a été particulièrement touché par une sécheresse exceptionnelle en termes de précocité et d’ampleur.

À l’image du Tabeillon, les cours d’eau jurassiens affichent un débit et un niveau peu élevé à l’entame de l’automne. À l’image du Tabeillon, les cours d’eau jurassiens affichent un débit et un niveau peu élevé à l’entame de l’automne.

L’automne s’installe et la sécheresse demeure. L’indice est toujours à son niveau maximal dans le Jura. Le canton est ainsi « extrêmement sec », selon la plateforme nationale sur la sécheresse. Cet indice tient compte des cumuls de précipitations, de l’humidité des sols, du débit et du niveau d’eau. La situation n’a que très peu évolué depuis la mi-mai et l’épisode va se prolonger encore ces prochaines semaines. Ce qui en fait déjà, de par sa précocité et sa durée, une sécheresse plus importante que celle historique de 2003. « Il faudra, non seulement, des précipitations pour un retour à la normale, mais il faudrait également des précipitations supplémentaires pour combler ce qu’il a manqué à la région au cours des trois derniers mois », souligne Thierry Arnet, collaborateur scientifique à l’Office jurassien de l’environnement.

Thierry Arnet : « La sécheresse perdure et ce sera le cas encore pendant une quinzaine de jours. »

Comparaisons des différents indices de sécheresse entre 2026, 2003, 2025 et 2018. (Photomontage · Source : Plateforme nationale sur la sécheresse.) Comparaisons des différents indices de sécheresse entre 2026, 2003, 2025 et 2018. (Photomontage · Source : Plateforme nationale sur la sécheresse.)

Des cours d'eau particulièrement touchés en Ajoie

L’une des conséquences de cette sécheresse est le faible débit et le bas niveau des cours d’eau. Des pêches de sauvetage ont été effectuées sur une vingtaine de kilomètres de rivières cet été dans le Jura, c’est du « jamais vu », selon Thierry Arnet. Le nord du Mont-Terri a été particulièrement touché, de Courgenay à Fregiécourt, en particulier les cours d’eau de la Cornoline, du Jonc et de l’Erveratte. Le Tabeillon, la Pran et le Sacy ont aussi été concernés dans la Vallée de Delémont. Ces pêches ont permis de déplacer 10'000 poissons, très majoritairement des truites. « L’idée est désormais de définir une stratégie pour éviter de reproduire des pêches de cette ampleur », explique Thierry Arnet. Car il semble très clair que de tels épisodes vont se reproduire à l’avenir. Cette stratégie doit aussi permettre « de pouvoir absorber les futures sécheresses avec un peu plus de sérénité et de manière plus efficiente », selon le collaborateur de l’Office jurassien de l’environnement. /msc

Une sécheresse plus précoce et plus longue qu’en 2003


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