Vers un statut juridique pour le Doubs

Le Doubs doit être mieux protégé. La Convention de Berne a formulé ses recommandations pour sauver l’apron, le poisson « Roi du Doubs ». La Suisse et la France sont désormais chargées de mettre en place ses suggestions. C’est ce qui ressort d’un communiqué publié jeudi après-midi. Ces recommandations font suite à la plainte déposée en 2011 par Pro Natura, le WWF Suisse et la Fédération Suisse de pêche.

Ces recommandations donnent globalement satisfactions aux deux parties concernées, les plaignants et les Etats. Aucun dossier n’a été ouvert concernant la plainte ce qui signifie que le comité permanent de la Convention de Berne reconnaît l’engagement des autorités dans le dossier de l’apron. Un avis émis par Jacques Gerber, le chef de l’office jurassien de l’environnement.

Cinq mesures

Concrètement, ces suggestions tournent autour de trois axes : l’assainissement des éclusés, l’amélioration de la qualité de l’eau et la libre circulation des poissons. Et un nouveau paramètre intervient désormais puisqu’un calendrier a été établi. Les experts de la Convention de Berne recommande de mettre en place d’ici 2016 les mesures nécessaires à rétablir l’habitat et la population d’aprons. Ces mesures sont les suivantes : améliorer de la libre circulation des poissons, supprimer autant que possible les anciens seuils, supprimer les nuisances des éclusés dans la partie supérieure de la rivière, moderniser les stations d’épuration présentent le long du Doubs et réduire la quantité d’engrais utilisée par les exploitations agricoles du bassin versant.

« Ce calendrier doit permettre d’assurer la mise en œuvre des actions », explique Lucienne Merguin Rossé, chargée d’affaires auprès de Pro Natura Jura. La Suisse devra d’ailleurs fournir un plan d’action détaillé des mesures prises pour sauver le « Roi du Doubs » l’an prochain. Mais certains délais fixés par la Convention de Berne laissent les autorités jurassiennes sceptiques. Jacques Gerber, le chef de l’Office jurassien de l’environnement, évoque par exemple la date de 2016 « pour la conservation durable de l’apron. Il sera difficile d’observer une amélioration significative de la qualité des eaux qui indiquerait que nous avons respecté ce délai ».

Créer une base légale

Une autre nouveauté intervient dans ce dossier de la sauvegarde de l’apron. Toutes les parties concernées sont désormais d’accord sur un objectif à long terme : obtenir un statut juridique spécial pour le Doubs et ne pas en faire un sanctuaire. Le but est ici de créer une base légale afin de pouvoir sanctionner les comportements qui mettraient en péril l’avenir du poisson. /msc


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