L'affaire Pauline Queloz se rappelle au bon souvenir du Parlement

Le Parlement jurassien a siégé pour la première fois de l'année sur fond de nouvelles tensions ...
L'affaire Pauline Queloz se rappelle au bon souvenir du Parlement

Le Parlement jurassien a siégé pour la première fois de l'année sur fond de nouvelles tensions suite à la démission de Pauline Queloz du PDC Jura

Pauline Queloz a siégé parmi les députés PDC mercredi matin, quelques heures après avoir annoncé sa démission (photo : Georges Henz). Pauline Queloz a siégé parmi les députés PDC mercredi matin, quelques heures après avoir annoncé sa démission (photo : Georges Henz).

Une démission qui ne passe pas inaperçue dans les rangs du Parlement jurassien. Pauline Queloz a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi son départ du PDC Jura, à quelques heures de la première séance du législatif de l'année. Dans une lettre adressée aux médias, la députée de St-Brais dénonce une trahison de sa famille politique, sachant que le groupe parlementaire lui a apporté son soutien à trois reprises avant de changer d'avis quelques heures avant le vote du 22 décembre. L'atmosphère était donc tendue mercredi matin dans l'hémicycle parlementaire, d'autant que Pauline Queloz a dû siéger avec ses anciens collègues du PDC. Sa démission est arrivée trop tard pour qu'elle puisse s'asseoir aux côtés de ses soutiens, désormais députés indépendants, Raoul Jaeggi et Yves Gigon.

 

Un sentiment de trahison partagé

La plupart des députés démocrates-chrétiens, dont Anne Froidevaux directement mise en cause dans le courrier de Pauline Queloz, n'ont pas souhaité s'exprimer sur l'affaire. Le président de groupe parlementaire ad intérim, Michel Choffat, nous a toutefois confié que certains élus s'étaient aussi sentis trahis par Pauline Queloz. Il estime qu'elle n'a pas suffisament renseigné ses collègues sur sa situation. Les informations transmises par le Tribunal cantonal dans la presse a amené des interrogations et fait changer d'avis plusieurs députés, selon lui. Michel Choffat appelle à la sérénité. Il souligne que le groupe parlementaire souhaite désormais aller de l'avant et oublier cet événement. /alr

 

 

Le commentaire d'Audrey Fasnacht: 

Trahison, hypocrisie, injustice : Pauline Queloz ne mâche pas ses mots dans son communiqué de trois pages envoyé la nuit passée. La jeune femme de 27 ans avait tout pour devenir une bonne politicienne. On ne saura lui reprocher son franc-parler, sa détermination et son audace. En revanche, sa jeunesse et son ego l’ont perdu. Sa jeunesse, car elle s’est laissée influencer par les plus expérimentés de son parti. Avec leur soutien, elle s’est entêtée à maintenir sa candidature, à ne pas se retirer. Car c’est ce qu’elle aurait dû faire et ainsi éviter que la bombe ne saute si près d’elle. Son ego finalement. Il en faut dans la politique. C’est un fait. Mais dans ce cas-ci il lui a joué des tours. Aveuglée par son ego, elle n’a pas vu la brèche dans laquelle elle s'engouffrait. Sans parler du culot d’oser tenir tête à la justice au sujet de son diplôme qu’elle ne possède pas encore.

Pauline Queloz n’est toutefois pas la seule que l’on peut pointer du doigt. Son parti, le PDC, et ses dirigeants peuvent aujourd’hui se mordre les doigts. Ils reconnaissent leur manque de communication, mais peinent à se remettre en question. Ils ont manqué de courage à véritablement prendre les choses en mains. Ils se sont déresponsabilisés en laissant la Taignonne dans une situation plus qu’inconfortable.

Au final, le PDC Jura aura perdu des plumes dans cette affaire. Aux yeux de la population, la crédibilité de la belle famille du parti s’érode encore un peu plus. À l’interne les tensions sont palpables. Et tous les dominos ne sont peut-être pas encore tombés…/afa


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